Faune

Vers un retour de la loutre en Suisse?

Des traces du mustélidé ont été relevées en Valais par la Société valaisanne de biologie de la faune Fauna.vs. Cette observation préfigure-t-elle une réinstallation de l’animal dans notre pays? Tout dépend des stocks de poissons dans les rivières

La Société valaisanne de biologie de la faune, Fauna.vs, révèle dans son dernier rapport qu’une loutre a fait une incursion en Valais, l’hiver dernier, à quelques centaines de mètres de la frontière française. Le mustélidé serait-il prêt à faire son retour en Suisse après des décennies d’absence?

Les loutres, prospères au XIXe siècle, sont décimées suite à la loi fédérale de 1889 encourageant leur extermination. La fourrure des loutres a certes toujours été très appréciée, mais c’est à cause de leur impact sur les ressources piscicoles qu’elles sont chassées. Sachant qu’une adulte peut dévorer un kilo de poisson par jour, on imagine aisément les dégâts causés par les mustélidés dans les viviers, lacs et rivières. Le statut d’espèce protégée qui lui est conféré en 1952 n’est pas suffisant pour empêcher le déclin de l’espèce, et la loutre disparaît de la Suisse en 1989. Un loutron a bien pointé le bout de son nez en 2009 à Sugiez, mais il s’est rapidement avéré qu’il s’agissait d’une loutre d’Asie, illégalement importée.

Retour compromis

Aujourd’hui les loutres sont présentes et en expansion dans les bassins du Giffre et de l’Arve en France voisine. Il est donc envisageable qu’elles soient prochainement de retour en Suisse. «Les observations faites en 2010 au bord du Rhin et les derniers relevés de traces en Valais peuvent indiquer que des loutres venues de France sont en train d’explorer de nouveaux territoires», explique Isabelle Castro, de Fauna.vs. Cependant, la faible densité de poissons dans les rivières de ces régions pourrait compromettre un retour pérenne de la loutre.

Caroline Nienhuis, collaboratrice de l’Office fédéral de l’environnement, souligne qu’«en cas de retour avéré de la loutre, l’ordonnance sur la chasse impliquerait la mise en place d’un plan de gestion similaire à ceux existant aujourd’hui pour l’ours et le loup», afin de garantir une cohabitation avec l’homme.

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