De l’œil des insectes au cerveau humain, l’efficacité des structures façonnée par des millions d’années d’évolution fait saliver les ingénieurs. Ceux-ci ont donc décidé de reprendre la méthode à leur compte. «Aujourd’hui, on utilise l’évolution artificielle dans tous les domaines de l’ingénierie où les techniques mathématiques d’optimisation ne sont pas facilement applicables», explique Dario Floreano, directeur du Laboratoire de systèmes intelligents de l’EPFL.

Il s’agit de faire évoluer un programme informatique selon les principes «darwiniens» de l’évolution des vivants. Le code qui contrôle un robot, par exemple (LT des 30.10.2009 et 04.05.2011). Des variations aléatoires sont introduites pour simuler les mutations qui induisent des changements dans notre ADN. Les différentes variantes sont testées et seules les meilleures retenues. Celles-ci peuvent être combinées entre elles, comme pour la reproduction sexuée. Le processus est répété sur des milliers de générations pour obtenir le robot le plus performant pour une tâche donnée.

L’évolution artificielle est utilisée dans toutes sortes de domaines, de l’électronique à la pharmaceutique. «Un exemple classique est celui de la conception d’une antenne pour un microsatellite de la NASA, illustre Dario Floreano. Il est intéressant parce qu’il y a beaucoup de possibilités différentes selon l’environnement et l’utilisation que l’on veut faire de l’antenne.» La méthode d’évolution artificielle, via une simulation par ordinateur, a été mise en compétition avec des experts humains. Les solutions proposées étaient très différentes et celle de l’ordinateur était beaucoup plus performante.