«La vigne sauvage était vraisemblablement consommée bien avant d’être cultivée, parce qu’elle est riche en sucre, en vitamines et en minéraux.» Claire Arnold, de l’Université de Lausanne, cosigne – avec 88 autres scientifiques de 17 pays – une étude publiée le 2 mars dans Science qui montre, sur la base d’analyses génétiques, que la domestication de la vigne s’est produite il y a environ 11 500 ans, à la fois dans le Caucase et au Proche-Orient, distants de 1000 kilomètres environ. Et c’est une chance, car au pléistocène, il y a environ 56 000 ans, de rapides changements climatiques avaient isolé ces deux populations de vigne sauvage (Vitis vinifera sylvestris). «Elles ont donc évolué chacune de leur côté. Si ce n’avait pas été le cas, nous aurions eu beaucoup plus de difficultés à montrer qu’il n’y a pas eu un, mais deux événements de domestication.» Tous deux remontent au début de l’invention de l’agriculture, selon cette étude très soignée, et non à trois mille ans plus tard comme le suggéraient certains travaux.