Pollution

Dans les vignes, un dispositif innovant de purification de l’eau

Une cuve agricole équipée de filtres biologiques a été inaugurée à Vinzel dans le canton de Vaud. Objectif: lutter contre la contamination de l’eau par les pesticides

Transformer d’anciennes cuves agricoles destinées à la collecte de matériaux érodés en des structures innovantes de dépollution des eaux: c’est le concept d’une équipe de scientifiques issus de La Maison de la Rivière, de la Haute école du paysage, d’ingénierie et d’architecture de Genève (hepia) et de l’Institut français de recherche agronomique (INRA) de Thonon-les-Bains. Après de trois années de développement dans le cadre du projet Agri-Fish, un premier décanteur équipé de filtres biologiques a été inauguré lundi 22 août à Vinzel (VD).

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«Dans les années 50 et 60, on avait pour habitude de supprimer toutes la végétation au pied des vignes, ce qui entraînait une forte érosion des sols. C’est dans ce contexte que de nombreux décanteurs ont été creusés dans les vignes. Ces cuves recueillaient les matériaux érodés. Il en subsiste plus de 1000 entre Lausanne et Genève», explique Jean-François Rubin, président de la Fondation La Maison de la Rivière.

Pesticides dégradés

Les pratiques viticoles ayant changé et l’érosion étant désormais moindre, ces structures sont tombées en désuétude. Cependant, la majeure partie de l’eau de ruissellement issue des vignes continue d’y circuler. Et ces eaux sont fréquemment polluées par des produits phytosanitaires qui, en l’absence de traitement, se retrouvent dans les cours d’eau et dans le lac, menaçant la biodiversité et la qualité de l’eau de boisson. D’où l’idée d’installer un système de purification au niveau des décanteurs.

Dans le prototype inauguré à Vinzel, l’eau recueillie dans la cuve est dirigée vers trois «murs filtrants» chargés de capter les pesticides. «Il s’agit en fait de Biobeds, des structures inventées dans les années 1980, qui reposent sur un substrat riche en bactéries et en champignons pour dégrader les produits phytosanitaires», indique l’agronome Pascal Boivin, de l’hepia. Deux de ses étudiants ont mis au point les Biobeds verticaux spécialement adaptés aux décanteurs, qu’ils commercialisent par le biais de leur start-up ecaVert. Plusieurs types de substrats filtrants sont à l’essai. Un suivi de la qualité des eaux pendant au minimum deux années permettra d’évaluer l’efficacité du dispositif.

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