Pour contrer la propagation de l’épidémie de coronavirus, nous avons renoncé à organiser des événements dans nos locaux. Mais pour que vous puissiez tout de même assister aux conférences prévues, certaines seront proposées sur notre site sous forme de vidéo ou de chat en ligne. 

16h47 - Cette discussion est maintenant terminée. Nous vous remercions pour toutes vos questions. Pour toutes les demandes pratiques, l'Office fédéral de la santé publique (OFSP) a ouvert une hotline: le numéro est le 058 463 00 00 (non-stop, 7/7). Nous réfléchissons à des solutions pour traiter une partie de la centaine de questions que nous avons reçues aujourd'hui.

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Les réponses de Philippe Eckert, directeur général du CHUV à Lausanne, et Thierry Calandra, chef de son service des maladies infectieuses, à vos questions:

Comment s’organise un hôpital comme le CHUV pour traiter les malades atteint par ce virus? Sont-ce toujours les mêmes personnes qui soignent ces malades? Sont-ils confinés dans une zone particulière de vos bâtiments? (Hervé)

Philippe Eckert: Ces patients sont pris en charge dans des zones dédiées, que ce soit dans les étages d’hospitalisation, aux soins intermédiaires ou aux soins intensifs. Leur prise en charge est assurée par des professionnels experts dans ce domaine.

Comment votre hôpital arrive-t-il à traiter les autres patients qui ne sont pas atteints du coronavirus mais sont concernés par un autre problème médical? (Aloisio)

Philippe Eckert: Tous les autres patients sont pris en charge selon nos pratiques habituelles. Ils ne risquent en aucun cas d’être moins bien soignés en raison de la pandémie actuelle.

Est-il envisageable de voir des médecins sortir de leur retraite pour soutenir le personnel hospitalier? Et aussi de faire appel à des étudiants en médecine? (Keivan)

Philippe Eckert: Une organisation coordonnée par le canton avec différents partenaires et institutions de santé a recueilli les noms d’un certain nombre de médecins, jeunes retraités, qui se tiennent disponibles. Il en est de même pour les étudiants en médecine de 5e et 6e années.

Au sein du CHUV, comment gérez-vous le personnel qui a des enfants et qui ne peut pas les faire garder? (Corentin)

Philippe Eckert: Nous avons organisé des crèches, permettant à ce jour d’accueillir 105 enfants supplémentaires.

Est-ce une bonne idée pour les jeunes d’aider les personnes âgées à faire leurs courses? Je vois beaucoup de gens vouloir aider, mais je crains que cela n’empire la situation des personnes à haut risque. (Assaf)

Philippe Eckert: Si un jeune veut aider une personne âgée, il doit faire ses courses sans la personne âgée et les déposer derrière la porte d’entrée de l’appartement de cette personne.

Où se situe le système hospitalier suisse par rapport à l’épidémie? (Jean)

Philippe Eckert: Le système hospitalier se prépare à faire face à un afflux important de patients en mobilisant toutes les ressources disponibles.

Accueillez-vous des travailleurs frontaliers au sein du CHUV? Si oui, craignez-vous une fermeture des frontières totale et donc l’impossibilité pour eux de venir travailler? (Laure)

Philippe Eckert: Oui nous en accueillons. La France a annoncé qu’il n’y aurait pour eux pas de restriction au passage de la frontière. Nous avons organisé pour ceux qui le souhaitent des logements, des parkings, et mis à disposition une crèche.

Oui ou non, les hôpitaux suisses, dont le CHUV, sont-ils actuellement débordés? Nous entendons tout et son contraire. (Laurianne)

Philippe Eckert: Non, nous avons une activité soutenue mais nous ne sommes absolument pas débordés.

Au sein de votre hôpital, disposez-vous de suffisamment de protections pour le personnel soignant traitant directement les malades? (Laurianne)

Philippe Eckert: Oui nous disposons de suffisamment de matériel de protection et nous venons de généraliser le port du masque de soin pour les collaborateurs en contact direct avec les patients.

Comme en Espagne et Italie, les Suisses commencent à applaudir les soignants tous les soirs à 21h. Etes-vous touchés par ce type d’initiative? (Laura)

Philippe Eckert: Oui, nous sentons un fort soutien de la population envers les professionnels de la santé, qui se manifeste tant par ces applaudissements que par de nombreuses propositions (dons de fleurs, café, mise à disposition d’appartements…).

Est-il envisageable de voir une deuxième vague de l’épidémie dans quelques mois? (Laurent)

Thierry Calandra: En général avec les pandémies, nous avons une grosse vague qui peut être suivie de petites vaguelettes ultérieures.

Sait-on déjà si les personnes qui ont eu le coronavirus développent une immunité qui les protège durablement? (Nathalie)

Thierry Calandra: Nous ne le savons pas actuellement. Nous avons de bonnes raisons de penser que tel sera le cas.

Qu’est-ce que cette stratégie d’immunité collective qui semble être soutenue par plusieurs gouvernements? (Juin)

Thierry Calandra: C’est la notion qu’à partir d’un certain pourcentage de la population immune pour un agent pathogène, ce dernier voit sa transmission fortement réduite, voire stoppée. Il faut noter que ces pourcentages sont en général très élevés, de l’ordre de 70 à 90%.

Le professeur Didier Raoult milite pour un traitement à l’hydroxy-chloroquine sur les personnes contaminées par le Covid-19. Pourquoi n’en parle-t-on pas plus? (Landri et Stéphane)

Thierry Calandra: Nous en avons entendu parler largement dans les médias. Nous attendons les résultats d’une étude clinique qu’il mène actuellement en France.

Le Covid-19 peut-il muter dans une forme encore plus grave? Est-ce possible? (Joa)

Thierry Calandra: Tous les virus ont un potentiel de mutation. Nous n’avons pas d’évidence que c’est le cas actuellement de voir le Covid-19 sous une forme plus grave.

Il paraît qu’il existe deux types de coronavirus SARS-CoV-2 différents, baptisés L et S. L’un serait plus agressif et virulent que l’autre. Qu’en est-il? En Europe, serait-ce le virus le plus agressif qui se soit répandu? (Evelise)

Thierry Calandra: Ce n’est pas exact. Les virus peuvent évoluer avec des mutations mais nous n’avons pas actuellement d’évidences de souches du coronavirus qui seraient associées à un pouvoir pathogène différent du nôtre.

Combien de temps le virus reste-t-il contagieux en dehors du corps? (Danielle)

Thierry Calandra: Il peut rester sur les surfaces inertes pendant un temps variable. Cela va de quelques heures à quelques jours. Nous considérons que ce n’est pas un mode d’infection prédominant. Toutefois, une surface souillée doit être désinfectée soit avec du savon soit avec une solution hydroalcoolique (lingettes désinfectantes, trouvables encore aujourd’hui dans le commerce).

Quelle mesure particulière doit être prise par deux collaborateurs en déplacement commun dans le même véhicule vers leur lieu de travail? (Alain)

Thierry Calandra: Aucune, si les deux collaborateurs sont en bonne santé. Si un collaborateur souffre d’un problème de santé, un des deux collaborateurs – celui suspecté d’infection – doit s’abstenir de faire un voyage prolongé avec l'autre.

La ventilation mécanique dans les immeubles peut-elle être une source de propagation du virus entre appartements? Un arrêt des systèmes de ventilation doit-il être envisagé et, en conséquence, faut-il encourager les utilisateurs à l’aération naturelle par l’ouverture des fenêtres? (Alain)

Thierry Calandra: Non. Par contre, oui, nous pouvons encourager les utilisateurs à l’aération naturelle, notamment si vous vous trouvez dans un lieu où une personne pourrait souffrir d’une infection d’une manière générale.

Quelle est votre position par rapport au débat sur l’opportunité d’un dépistage massif au sein de la population? Y a-t-il un manque de moyens, et pourquoi, puisque d’autres pays les ont? (France)

Thierry Calandra: Le dépistage massif de la population ne fait pas partie de notre attitude face à la propagation du virus tel que nous la connaissons à l’heure actuelle dans la population.

Il existe des médicaments antiviraux: sait-on pourquoi ils ne sont pas efficaces contre le Covid-19? Et comment expliquer qu’au XXIe siècle on n’ait pas trouvé les armes thérapeutiques contre les virus? (Francine)

Thierry Calandra: Oui, il existe des médicaments antiviraux qui montrent une efficacité in vitro, mais à l’heure actuelle on ne dispose pas d’études cliniques qui démontrent leur efficacité. Mais on espère que cela ne saurait tarder.

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16h06 - Le chat va commencer dans quelques instants...

15h25 - Nous avons déjà reçu déjà plus d'une centaine de questions. Nous allons soumettre celles qui reviennent le plus aux deux experts. Nous réfléchissons à une solution pour traiter les autres.

12h05 - Bonjour à toutes et à tous. La discussion démarre ce mardi dès 16h. Vous avez été très nombreux à soumettre des questions. Les réponses des experts seront ajoutées ici même et classées par ordre antéchronologique. Vous pourrez cliquer sur le lien de rafraîchissement ci-dessus pour mettre à jour la page et afficher ainsi les nouvelles réponses.

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Présentation de la discussion:

Le nouveau coronavirus (SARS-CoV-2) poursuit sa progression à travers le monde. Comment se protéger efficacement? Combien de temps se passe-t-il entre l’infection et l’apparition de la maladie? Est-il possible de transmettre le virus en étant asymptomatique? Comment les hôpitaux affrontent-ils la pandémie? La crise sanitaire mondiale suscite de nombreuses questions et incertitudes.

Pour limiter la propagation du Covid-19, notre rédaction a renoncé à organiser des événements dans ses locaux. Mais le besoin d’informations est, dans cette période particulière, exacerbé. 

Nous proposons ainsi une discussion en ligne avec le professeur Philippe Eckert, directeur général du Centre hospitalier universitaire vaudois (CHUV), et le professeur Thierry Calandra, chef de son service des maladies infectieuses.