1. Un virus, deux portes d'entrées

Cette cellule de placenta fœtal, dont on voit le noyau coloré en bleu, est infectée par le virus Zika dont les protéines sont colorées en vert. L'image émane de l'Université Toulouse III où des chercheurs étudient le mode de transmission du virus Zika entre la mère et le fœtus. Leurs travaux suggèrent deux portes d'entrée: une transmission trans-placentaire (dans laquelle le virus progresse des tissus maternels vers le placenta fœtal), et une transmission sanguine où Zika passe du sang maternel vers le placenta. Cette image a été obtenue ex vivo à partir d’échantillons issus d’interruptions volontaires de grossesse durant le premier trimestre. 

2. Un diapason imprimé en 3D 

A quoi peut bien servir ce bitonio? L'Université de Neuchâtel nous apprend dans un communiqué qu'il s'agit d'une «cavité micro-ondes», un composant utilisé dans la fabrication d'horloges atomiques. A la manière d'un diapason, il vibre à un fréquence ultra stable, ce qui permet à ces horloges de précision de demeurer précises dans le temps. L'université a lancé cette semaine un projet baptisé «3-D printed microwave cavities for atomic clock applications», dans lequel elle entend démontrer l’application de l’impression 3D pour la production de cavités micro-ondes. Leur fabrication nécessite en effet une précision extrême en matière d’usinage de métaux, et reste difficile et coûteuse à réaliser avec des méthodes standard.

3. Des ronds d'eau dans le désert

Ce cliché du mini-satellite européen Proba-V représente le bassin de Wadi As Sirhan, en Arabie Saoudite. Tous les petits ronds rouges? Des champs circulaires arrosés par des systèmes d'irrigation à pivot central, ces grands bras métalliques qui tournent autour d'un axe tout en versant de l'eau. L'Agence spatiale européenne a publié cette photo le 16 octobre à l'occasion de la Journée mondiale de l'alimentation. Le but: sensibiliser aux nécessaires transformations de l'agriculture dans le cadre du changement climatique.

4.  Des anneaux pour les gouverner tous 

Ce somptueux cliché de la planète Saturne a été pris par la sonde américaine Cassini. Sur le quart inférieur droit, on aperçoit une partie de la planète gazeuse, ainsi que son ombre portée sur la gauche (le Soleil étant loin derrière l'observateur). Si les anneaux sont si brillants, c'est parce qu'ils réfléchissent la lumière qui leur parvient. En haut à gauche, un tout petit point gris/blanc: Prométhée, le petit satellite de Saturne. Avec environ 85 km de diamètre, il a fallu doubler sa luminosité pour le distinguer. La photo a été prise le 14 août 2016 à une distance de 1,4 million de kilomètres.

5.  Des pierres taillées par le feu

Il y a 65 000 ans, en Afrique du Sud, l’homme moderne chauffait la pierre en vue de la tailler et fabriquer des outils. Un procédé extrêmement innovant, unique à cette région – il faudra ensuite attendre plus de 40 000 ans pour qu’il réapparaisse et se répande en Asie puis en Europe. C’est ce que vient de montrer une équipe internationale étudiant le site de Klipdrift Shelter, nous apprend un communiqué du Centre national français de la recherche scientifique (CNRS). «Ce procédé jouait un rôle important dans l’industrie lithique: 92 % des échantillons rocheux étudiés – de la silcrète, une roche dure siliceuse – portaient des traces de chauffe intentionnelle. Les scientifiques ont découvert que les blocs de silcrète étaient chauffés dans des foyers ouverts, avec des avantages multiples mis à profit par les artisans: hormis une augmentation de la ténacité et de la dureté du matériau, déjà connue, la chauffe des blocs conduit à leur fragmentation, éliminant les fissures et hétérogénéités internes et produisant des fragments anguleux utilisés par les tailleurs pour en extraire de fines lames de silcrète.» 

6. Le virus de l'hépatite C montre son vrai visage 

Pour la première fois, des scientifiques ont observé le virus de l'hépatite C. Malgré une découverte en 1990, biologistes et médecins n'avaient encore jamais posé le regard sur le virus responsable de la maladie. Ou du moins ce qu'ils pensaient être le virus ne l'était en fait pas! Et pour cause: il parvient à prendre l'apparence d’une simple particule lipidique du foie, ce qui lui permet, incognito, d'infecter les cellules du foie...et d'échapper aux microscopes. C'est ainsi qu'une équipe américaine pensait l'avoir observé en 2013...alors qu'il s'agissait de particules lipidiques réelles.

Des chercheurs d'une équipe française de l'Université de Tours viennent de mettre fin à la traque en utilisant plusieurs anticorps spécifiques de protéines virales. Ceci leur a permis de distinguer les simples lipoprotéines «normales» des particules lipidiques du virus.

Au-delà de la satisfaction d’avoir accompli cette prouesse technique, les chercheurs rappellent l’utilité de ces travaux, lit-on sur le site de l'Institut national français de la santé et de la recherche médicale (Inserm): «Des traitements efficaces sont aujourd’hui disponibles en cas d’hépatite C mais aucun vaccin n’a encore été trouvé. Or, connaître la structure et l’organisation exacte de ces particules viro-lipidiques sera fort utile pour ceux qui travaillent là-dessus», rappelle Jean-Christophe Meunier, qui a encadré ces travaux.

7. Une simple recette chimique transforme un déchet en carburant

Comment valoriser la lignine, sorte de squelette fibreux présent dans toutes les plantes (30% de leur masse) et dont on ne sait que faire lors de l'extraction des sucres végétaux nécessaires à la fabrication d'agrocarburants? 

Une équipe de chercheurs de l'Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL) propose un élément de réponse: pour casser ce polymère et en extraire de l'énergie, il suffit de le mélanger à du formaldéhyde, un composant chimique on ne peut plus répandu dans l'industrie. 

Les résultats de leurs travaux peuvent se résumer grâce à l'image ci-dessus: à gauche, un tube à essai rempli de lignine extraite par du formaldéhyde. Elle paraît fluide et bien plus facilement utilisable que la mélasse épaisse et visqueuse à droite, de la lignine extraite conventionnellement.

Cette méthode encore expérimentale convertit jusqu’à 80% de la lignine en molécules précieuses pour les agrocarburants et le plastique, avec un rendement de 3 à 7 fois plus élevé que ceux obtenus sans formaldéhyde.