«Chacun est très excité par la nouvelle découverte photographique. Le professeur Rönt­gen a peut-être découvert, avec ses rayons cathodiques, quelque chose qui peut révolutionner le diagnostic médical.» Cent quinze ans après la déclaration de Harvey Cusching, le père de la neurochirurgie moderne, l’imagerie médicale a subi plusieurs autres révolutions, au fur et à mesure qu’ont été développées des technologies (IRM, PET, CT-scan, etc.) permettant d’observer et d’étudier le corps dans ses plus infimes détails, jusque même dans son fonctionnement au niveau moléculaire.

Aux Hôpitaux universitaires de Genève, le professeur Osman Ratib est un passionné et un expert mondial du domaine. Dans un beau livre*, il raconte l’histoire des avancées spectaculaires dans les nouvelles manières de visualiser l’organisme. A des fins diagnostiques et thérapeutiques, d’abord. Mais aussi dans une quête d’esthétisme confinant à l’art.

Une démarche qui n’est pas sans contrepartie: «Dans le monde médical, l’on se dirige de plus en plus vers une evidence based medicine [fondée sur les faits]. Et l’imagerie est, en ce sens, un outil puissant. Or, malgré la profusion de détails, on ne peut pas encore prétendre pouvoir répondre dans tous les cas à la question: faut-il intervenir, traiter?» Au-delà de l’acte médical, restent en tout cas des images fascinantes d’une merveille de la nature: notre organisme.

* Osman Ratib«Le Corps et son image, du diagnostic à l’esthétisme de l’imagerie médicale», Ed. Favre, 2010