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Volkswagen, BMW et Daimler accusés de pratiquer des expériences sur des singes et des humains

Trois constructeurs allemands ont mené des tests dans lesquels des singes, voire des humains, auraient été utilisés en tant que cobayes pour respirer des gaz d’échappement. Ils ont présenté leurs excuses

Voilà qui risque encore de ternir un peu plus l’image de Volkswagen. Le New York Times révèle dans une longue enquête comment le constructeur automobile a testé sur des singes, voire sur des humains, la toxicité des gaz d’échappement de ses véhicules.

L’histoire se déroule en 2014 dans un laboratoire d’Albuquerque au Nouveau-Mexique. S’y déroulent des expériences ultrasensibles, d’un genre inhabituel. Dix petits singes, placés dans des cages en plexiglas, regardent des dessins animés. Pendant ce temps, les scientifiques leur font respirer des gaz d’échappement issus d’une Coccinelle Volkswagen, afin de prouver leur innocuité pour la santé.

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L’expérience a été financée par des constructeurs automobiles allemands (Volkswagen, BMW, Daimler). Le but: prouver que les nouveaux moteurs diesel sont plus propres que ceux d’ancienne génération, et qu’ils sont dans les clous vis-à-vis de la réglementation en vigueur. Les constructeurs sentaient sans doute le vent tourner, et craignaient ce qui arriva finalement en septembre 2015: le dieselgate ou l’affaire des moteurs truqués, qui reposait sur la présence d’un logiciel capable de détecter les tests antipollution et d’adapter les émissions en conséquence.

Ironie de l’histoire, si l'on peut dire, soulevée par le quotidien américain: la Coccinelle utilisée ce jour-là était truquée, ce que les scientifiques du Lovelace Respiratory Research Institute, un organisme européen, ignoraient. Les singes auraient donc respiré des gaz moins nocifs que les «vrais» gaz d'échappement. Il apparaît néanmoins que Volkswagen avait délibérément, et à l’avance, pipé les dés.

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Volkswagen a présenté ses excuses et pris ses «distances avec toute forme de maltraitance animale». «Nous sommes convaincus que la méthode scientifique choisie à cette époque était erronée, a déclaré le groupe de Wolfsburg. Il aurait été préférable de renoncer à une telle étude dès le début.»

Les autres constructeurs se sont également désolidarisés de cette étude. Le centre de recherches, financé par BMW et Bosch, a fermé ses portes en 2017.

Mais ce n’est pas tout. Selon Le Figaro, le quotidien allemand Stuttgarter Zeitung «a cependant surenchéri avec une nouvelle révélation dimanche 28 janvier: des cobayes humains auraient même été utilisés pour tester des émissions de dioxyde d’azote, le journal citant un institut de recherche dépendant de l’université d’Aix-la-Chapelle. Pour l’heure, le constructeur n’a pas réagi à ces allégations.»

Deux ans après le dieselgate, ce nouvel épisode montre à quel point les grandes industries sont souvent prêtes à manipuler la science, les politiques et l’opinion publique pour parvenir à leurs fins.

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