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Vos questions à une experte: «La consultation ne doit pas se résumer au frottis»

«Le Temps» organisait le 28 janvier dernier une conversation virtuelle avec la gynécologue Martine Jacot-Guillarmod, spécialiste de l’enfant et de l’adolescente au CHUV. Condensé de cet échange

150 000 visiteurs en quelques jours. L’article «Des gestes souvent inutiles encore trop pratiqués par les gynécologues», rédigé par notre journaliste scientifique Sylvie Logean, est à ce jour l’un des articles les plus lus sur le site du Temps. Lors de sa publication sur les réseaux sociaux, le texte a suscité de nombreuses réactions. Les lectrices nous ont alors fait parvenir leurs questions, doutes et inquiétudes. C’est en raison de cet engouement qu’est née l’idée d’une rencontre avec une experte en gynécologie, puis in fine d’un chat.

Débattu en conférence de rédaction, c’est ce format qui a été privilégié afin de garantir l’anonymat de celles qui partageraient un peu de leur intimité. «A partir de quel âge est-il nécessaire pour ma fille de consulter un gynécologue?», «La pince de Pozzi est-elle nécessaire dans le cadre d’une pose de stérilet?», «Ma gynécologue effectue des frottis à chaque consultation et cela me met mal à l’aise, que faire?». Nous avons reçu en tout une quinzaine de questions, auxquelles Martine Jacot-Guillarmod, gynécologue au CHUV, a répondu en direct de la newsroom du Temps.

Retrouvez ici l’intégralité du live chat

De l’importance de la communication

Parmi les différents sujets abordés, le partage d’un malaise fut récurrent: celui ressenti pendant un examen gynécologique, pendant un frottis notamment. «Il existe des études qui montrent que jusqu’à 34% des femmes témoignent d’une gêne, voire de douleurs, pendant un examen gynécologique», a rappelé Martine Jacot-Guillarmod. La gynécologue a par ailleurs insisté sur le caractère psychologique d’un rendez-vous. «La consultation ne doit pas se résumer au frottis. Elle doit vous donner l’occasion d’aborder différentes questions liées à votre santé sexuelle ou votre santé de femme. Et pour cela, un entretien est souvent suffisant», a-t-elle affirmé, avant d’encourager cette internaute à partager ses doutes avec son gynécologue lors de sa prochaine consultation.

Un frottis tous les trois ans

La spécialiste vaudoise a également été interpellée sur la fréquence idéale, ainsi que sur l’âge adéquat pour se rendre à son premier rendez-vous. «Il n’y a pas d’âge recommandé pour une première consultation, a-t-elle assuré. Je préconise de le prendre dès que des questions émergent de la part des jeunes filles concernant leur cycle, leur anatomie ou leur sexualité.» Une internaute de 60 ans a alors rebondi sur la fréquence des frottis. «Dès lors qu’il n’y a ni symptômes, ni plaintes, il n’y a pas d’indications à systématiquement effectuer des frottis. Les recommandations actuelles de dépistage sont d’effectuer un frottis tous les trois ans pour autant que les résultats de ces derniers soient normaux», a précisé Martine Jacot-Guillarmod. «A partir de 21 ans, il est nécessaire de dépister le cancer du col tous les trois ans. Si les frottis ont toujours été normaux, on peut arrêter le dépistage à 70 ans.»

Craintes infondées autour du stérilet

Les différents moyens de contraception, dont le stérilet, ont également été pris pour cible au cours de la discussion, certaines femmes ne cachant pas leur appréhension quant à la pose d’un dispositif intra-utérin. «Pendant longtemps, la pose d’un stérilet chez une femme n’ayant pas eu d’enfant était contre-indiquée par crainte de complications infectieuses qu’on pensait alors responsables de troubles de la fertilité. Aujourd’hui, il existe une évidence scientifique que ces craintes ne sont pas fondées et que l’on peut, en toute sécurité, proposer un stérilet aux femmes n’ayant jamais accouché, pour autant qu’elles ne présentent pas de signe infectieux au moment de la pose», a confirmé la gynécologue. 

S’agissant de la douleur rencontrée lors de la pose, la spécialiste avait là aussi quelques arguments: «Le ressenti douloureux d’une femme à l’autre varie énormément. Il est possible d’utiliser un spray anesthésiant qui peut atténuer l’éventuel désagrément de la patiente.»

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