Les scientifiques en sont aujourd'hui persuadés: c'est un impact d'astéroïde très violent qui a provoqué, ou en tout cas favorisé, la disparition des dinosaures, des ammonites, et de bien d'autres animaux à la fin de l'ère secondaire. L'objet céleste estimé à 10 kilomètres de diamètre qui s'est crashé dans les Caraïbes a soulevé un tel nuage de poussière qu'il a dû obscurcir le ciel, empêchant toute photosynthèse durant une longue période, ce qui a entraîné la mort d'une grande quantité de plantes, donc d'herbivores puis de carnivores.

Cette extinction de la fin du Secondaire n'était pas une première. La Terre avait déjà vécu à la fin de l'ère primaire, il y a environ 250 millions d'années, un épisode encore bien plus grave. Des écosystèmes entiers ont été décimés, la grande majorité des plantes et des animaux de l'époque a disparu pour toujours. Et si le responsable de cette crise d'extinction massive était aussi un astéroïde? Les géologues ont évidemment recherché les traces typiques d'un impact dans les couches rocheuses qui forment la limite entre les ères primaire et secondaire. Mais ils n'ont retrouvé ni quartz choqués, ni sphérules vitreuses, ni iridium, les signatures de la chute de l'astéroïde qui mit fin aux dinosaures.

La théorie de l'impact a toutefois repris un nouveau souffle, selon un article publié le 23 février dans la revue Nature. Des chercheurs américains ont en effet découvert, au Japon et en Chine, des roches contenant des fullerènes, des assemblages de carbone en forme de cage. Ces derniers ont emprisonné de l'argon et de l'hélium, et les analyses isotopiques de ces gaz donnent des résultats habituellement rencontrés dans des météorites carbonées. A suivre.