Antonio Todde a fêté le 22 janvier son 112e anniversaire dans son village de Tiana, dans les montagnes sardes. Il confirme ainsi son statut de plus vieil être humain mâle que l'on connaisse sur Terre. Une centaine de pèlerins sont venus lui souhaiter un joyeux anniversaire. Parmi eux, un démographe belge chevronné, Michel Poulain, de l'Université catholique de Louvain. Celui-ci avait parcouru l'île l'année dernière pour vérifier une affirmation bien péremptoire: «La Sardaigne compte le plus grand taux de centenaires mâles du monde.»

Ce genre d'assertions est fréquent et les chercheurs sont généralement très sceptiques à leur endroit. La plupart sont écartées après vérification, comme cela a été le cas pour les populations du Caucase, des Andes, de Chine occidentale ou de l'île d'Okinawa. La Sardaigne, pourtant, résiste à l'inspection. Michel Poulain en est revenu en octobre dernier avec la confirmation que l'île compte bien plus de centenaires qu'ailleurs.

On explique souvent qu'une vie rurale, sans stress et une alimentation équilibrée assurent une telle longévité. Mais aux yeux de certains chercheurs, cela ne suffit pas. Nombreux pensent que dans le cas particulier des centenaires, il y a une explication génétique très forte. Tout comme le diabète, les kystes rénaux et l'asthme, des affections particulièrement fréquentes dans l'île méditerranéenne, la longévité est peut-être une marque de fabrique sarde qu'une relative consanguinité aurait permis de préserver à travers les siècles.

Comme le précise la revue Science du 16 mars, une étude tente maintenant de découvrir l'explication de ce secret dans les chromosomes des centenaires sardes.