heptathlon

Les sept travaux d’Ellen Sprunger

La Vaudoise sera la première athlète suisse à fouler la piste et la pelouse du Stade olympique. Revue avec elle des épreuves de l’heptathlon qui commence ce vendredi

Fraîche et souriante, elle irradie la salle de conférence de la House of Switzerland. Son regard bleu pétillant dit son entrain et son impatience à commencer enfin ces Jeux. Avant de disputer le relais 4x100 m avec notamment sa sœur Léa, Ellen Sprunger, 26 ans dimanche, sera la première athlète suisse à inaugurer vendredi le Stade olympique de Londres avec l’heptathlon. «C’est un honneur. J’espère pouvoir bien lancer ces JO pour l’athlétisme suisse, et inspirer mes compatriotes.» Si l’essentiel de sa préparation a été réalisé en amont, elle a réglé les détails ces derniers jours, techniques pour les haies – «On ne peut pas s’attarder sur chaque discipline» –, et fait un peu de musculation pour travailler son explosivité. Comme les deux journées de compétition seront longues, elle dit l’importance de se reposer et de déconnecter entre les sessions du matin et celles du soir. La Vaudoise a pour objectif d’améliorer son record personnel (6124 points). Elle décrypte les sept épreuves qui l’attendent.

100 m haies

«C’est une discipline casse-gueule. On a vite tendance à peiner, à perdre l’équilibre et, en même temps, c’est l’heptathlon, il y a des points à prendre. Le 100 m haies est le moment où le stress atteint son paroxysme. Mais après ça, on est dans le concours, on est lancé.» Son record: 13’’54.

Saut en hauteur

«C’est la discipline tremblote. Je peux faire très bien comme très mal. J’ai fait de très bons entraînements. Je sais que je suis forte en ce moment. Mais cela reste la discipline la moins prévisible pour moi, celle qui détermine un peu mon résultat final. C’est celle où je peux faire une différence de points, jusqu’à 200. C’est 33 points les 3 cm.» Son record: 1,72 m.

Lancer du poids

«Ce n’est pas ma discipline forte en termes de points, mais au moins, c’est stable. Je n’en perds pas des masses quand je lance un peu moins bien que mon record. J’essaie de travailler plus, mais c’est assez frustrant. J’ai l’impression de faire techniquement des choses justes et je n’arrive quand même pas à bien lancer ce boulet. En même temps, je n’ai pas le gabarit d’une lanceuse de poids. Il y a eu une très grande intensité jusqu’au saut en hauteur, et après, on a tendance à décompresser un peu avec le poids qui n’exige pas beaucoup d’échauffement. Le danger est ­de se laisser trop aller et de sortir ­de ­sa concentration.» Son record: 12,91 m.

200 m

«Je me réjouis de le courir. J’ai d’excellentes sensations et ai encore fait de très bons entraînements. Là, j’ai malheureusement écopé d’une mauvaise série et, au tirage au sort, d’un mauvais couloir. A l’extérieur. Donc je risque de courir toute seule tout du long. Le 200 m est ma discipline forte. C’est là que je fais des points, que je rattrape mon retard. Il faut assurer.» Son record: 23’’61.

Saut en longueur

«C’est assez aléatoire. Ce sont trois sauts. Il suffit de rater le premier. Mais j’ai été très solide cette année dans les deux heptathlons que j’ai faits, passant 6 m à chaque fois. J’ai fait des progrès techniquement. C’est important car ça relance la compétition après la pause de la nuit. On a souvent les jambes un peu lourdes.» Son record: 6,08 m.

Lancer du javelot

«Là encore, c’est une discipline où je suis assez régulière. Je m’entraîne très peu car j’ai des douleurs au coude. Si je grimace, c’est normal. Je sais que je dois serrer les dents trois fois. C’est assez insupportable en ce moment, mais il faut faire avec.» Son record: 46,88 m.

800 m

«Je ne me réjouis pas, mais ça va, j’ai le mental pour le courir. C’est la dernière discipline, il n’y a pas d’autre choix que d’y aller à fond.» Son record: 2’13’’00.

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