En ces temps où l'attention se porte principalement sur la santé des banques, la question peut paraître hors de propos. Et pourtant... De même qu'une banqueroute d'UBS, une hypothétique faillite de Swisscom serait plus que dommageable à l'ensemble du pays: difficile de se passer des infrastructures que l'opérateur contrôle. En tant que garante de ces infrastructures de communications, Swisscom doit survivre.

Faisons maintenant l'hypothèse suivante: la prise de participation de Swisscom dans l'entreprise Fastweb ainsi que le lancement du service BluewinTV se révèlent être de monumentaux échecs. A tel point que Swisscom ne parvient pas à rentabiliser les énormes investissements consentis. Les investisseurs reniflent le piège. Les liquidités font défaut. La faillite approche. L'Etat renfloue. Le public grogne. Les manchettes titrent «la Confédération paye la télé aux Italiens». Le débat enfle: Swisscom devait-elle s'écarter de sa mission traditionnelle, à savoir gérer les infrastructures de télécommunications? Pouvait-elle se lancer sur le marché des services? Se lancer sur les marchés étrangers?

Le cas UBS n'est pas bien différent. Certes, UBS n'est pas l'ancien monopole qu'est Swisscom. Mais au fil du temps et au gré des fusions qui l'ont bâtie, la banque est devenue la garante d'une grande partie de l'infrastructure bancaire du pays. L'Etat ne peut donc pas la laisser tomber, et se voit obligé d'éponger les pertes causées par les risques pris sur le marché des services financiers.

Infrastructures, services. Tout tient dans cette distinction, dont il serait judicieux de préciser les contours, à un moment où tous appellent à la réforme. Qu'on confie ensuite les infrastructures à des sociétés fermement contrôlées par l'Etat, voire à des sociétés publiques. Les services et les risques, quant à eux, doivent être laissés aux sociétés privées, dont la faillite doit rester une issue possible. Dans tous les domaines.