Döner

Où manger les meilleurs kebabs de Suisse romande? 

Au terme de notre exploration du kebab, voici une petite promenade romande chez les artisans du bon sandwich méditerranéen

Tour à tour désigné comme l'exemple de la malbouffe ou le cheval de Troie culinaire de l’islamisation de l’Europe, le kebab est devenu une institution des estomacs et des villes. En cinq volets, exploration des facettes d'un repas pas si simple.

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En Suisse romande comme outre-Sarine, depuis le milieu des années 1990, les restaurants de kebabs ont foisonné comme les petits pains dont ils sont composés. Même si le tout-venant domine s’agissant des kebabs proprement dits, l’offre est devenue plus variée, et des traiteurs d’autres régions de l’aire méditerranéenne, comme le Liban, s’ajoutent à la carte. Voici quelques idées pêchées au sein de la rédaction du Temps. La liste comporte certainement des lacunes majeures. Les amateurs peuvent échanger leurs propositions sur la page Facebook du journal dès ce vendredi matin.

Fribourg

Dans la cité du campus Miséricorde, le kebab est avant tout une affaire d’étudiants. Ils ont leur quartier des kebabs, entre la Bibliothèque cantonale universitaire et le campus. Là, le Berfin s’impose, notamment par ses sauces, fameuses. Dans les environs, on relève aussi Chez Mon Cousin, qui, outre son nom marrant, a le mérite de sustenter les noctambules à des heures peu catholiques.

Un connaisseur mentionne aussi le Snack Méditerranée, rue du Temple, dont la viande de veau est fameuse. Il a pour originalité d’avoir à sa carte des pide farcis, des pains pita au formage, épinards ou émincé d’agneau, entre autres.

Genève

C’est l’enseigne qui provoque une totale unanimité. Rue de Berne, Aux Parfums de Beyrouth, propose une carte complète des plaisirs libanais. Dont des shawarmas, premier prix 8 francs, aux qualités multiples: viande goûteuse sans être grasse, sauces piquante et blanche de qualité… Des amateurs citent l’excellence du taboulé, ou l’assiette mixte qui offre une palette du Sud, et les houmous parfumés comme le nom de l’enseigne. Le tout avec un accueil chaleureux, le falafel en offrande hospitalière.

Sur la même rue de Berne, un curieux signale le Pacha, petite échoppe sans chichis, qui fournit une sauce piquante à souhait, et, c’est rare, de bons piments à saupoudrer sur les sandwiches.

A la rue de Carouge, L’Ephèse est signalé pour la générosité de ses portions et la grillade adéquate de sa viande d’agneau. Certains mentionnent encore le traiteur Al Amir, rue Chaponnière, qui, outre de bonnes viandes apprêtées maison, à plusieurs options végétariennes.

Lausanne

A Lausanne, les saveurs méditerranéennes se nichent dans un triangle étiré. A la pointe sud, le Snack de la gare, sur Ruchonnet. Attenant à une boucherie, il peut offrir une variété de viandes inédite, jusqu’aux merguez. Et même… les abats. Lukal Menal, auteur du blog Guérilla gourmande, s’enthousiasme: «Oui, mes amis! Le Snack de la Gare grille, à la minute, des abats pour vos sandwichs. Ne pleurez pas. Foie, cœur, rognon, cervelle, c’est le grand tour.» Autre particularité, la viande est grillée sur une plaque, donc sur mesure.

A la pointe est, sur la rue centrale, le Prince d’Egypte propose un savoureux shawarma au gigot d’agneau. Le casse-croûte se révèle corsé sans subjuguer le palais, il est servi avec laitue et oignons bien dosés. En sus, le patron fomente des falafels à damner tous les saints. En hôte tentateur, il en offre un d’entrée de jeu.

Au nord du triangle, dans une ruelle discrète, le Snack du Marché, déjà évoqué dans notre série. C’est un peu le Calvin du kebab, une austérité assumée. Viande – faite maison, bien sûr –, oignons (on peut demander avec persil plat, un mélange frais), salade, éventuellement chou, et bonnes sauces fines. Non loin, le Lyon, sur Mauborget, bénéficie d’une bonne viande d’agneau, un peu grasse mais de haute qualité, pour un sandwich sérieux.

Neuchâtel

En tout cas au centre-ville, les Neuchâtelois n’ont pas de chance. Les quatre restaurants que nous avons testés se situent dans la basse moyenne du genre, viande recomposée et sauce cocktail – imposée chez l’un, proposée comme «sauce piquante» chez l’autre, ce qui tient du massacre de papilles. Dans le lot, signalons le Star Kebab, au fond de la Grand-Rue. Viande assez commune, mais au moins, pas de sauce cocktail fourrée de force, et des accompagnements particulièrement frais.

Sion

Un traiteur et livreur qui fait à la fois kebabs et pizzas, c’est louche. Mais depuis 2002, Le Sultan, rue des Vergers – entre la gare et la place de la Planta –, a ses adeptes. Il propose un pain plat fait maison et un dürüm végane à base d’aubergines. Il pousse assez loin la logique d’intégration, ou d’osmose culinaire, avec sa création, le cheese kebab, composé avec du fromage à raclette posé en une longue lamelle avant la viande et le reste, puis fondu. «Très bon», cautionne un collègue, sans rire.

Vevey

C’est presque une institution lémanique. Le Temps a écrit: «Son échoppe est une oasis. Comme si c’était ici, à Vevey, qu’aboutissait la route des épices» – et autres produits: dattes, fruits, sésame, miel… Au coin de la douce place Scanavin, Ahamad Nazem s’affirme comme Le Syrien, nom de son antre, épicerie et poste de ravitaillement gourmand, en sucré comme en salé. Le kebab syrien est fait de viande hachée crue, il est enfourné dans un gril. En garniture, un taboulé au persil et caviar d’aubergine. Mémorable.

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Dossier
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