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20 ANS

En 2038: mon prêtre est un robot

Pour chaque édition supplément du «Temps», «T», le collectif de jeunes auteur-e-s AJAR imagine une actualité. En exclusivité, il nous apprend qu’en 2038, le manque de vocations cléricales pousse l’Eglise à robotiser ses services

Le Temps fête ses 20 ans cette année. Né le 18 mars 1998, il est issu de la fusion du Journal de Genève et Gazette de Lausanne et du Nouveau quotidien. Nous saisissons l’occasion de cet anniversaire pour revenir sur ces 20 années, et imaginer quelques grandes pistes pour les 20 suivantes.

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Muriel, 67 ans, n’en revient toujours pas. En se rendant mardi dernier à l’église de Riddes (VS) pour se confesser, elle ne s’attendait pas à se retrouver nez à nez avec… un robot! Le confessionnal a disparu, laissant place à une sorte de photomaton. A l’intérieur, Muriel est invitée à sélectionner sa langue de communication, puis l’objet de sa confession, dans un menu déroulant qui court d’adultère à zoophilie. Elle n’est pas au bout de ses surprises! Une fois l’aveu transmis, la voilà en relation avec un prêtre polyglotte, basé dans un call center de Buenos Aires.

La télé-confession marche bien en Pologne

Si la télé-confession n’est pas encore très répandue en Suisse, elle l’est en Pologne. Tout débute en 2013, à Swołowo, village de Poméranie, à vingt minutes de Słupsk. «La paroisse n’avait pas les moyens de remplacer mon collègue, décédé subitement, déplore le Père Artur. Les robots étaient la solution.» Programmateur dans une autre vie, l’homme de foi développe les prototypes du télé-confessionnal et de l’hologramme clérical. «L’Eglise doit s’adapter aux technologies. Ça permet aux prêtres de gérer plusieurs missions simultanément.»

Faire cohabiter intelligence artificielle et fidèles sous un même toit, le pari reste difficile. En Chine, Xian’er, un moine-robot bouddhiste au look de personnage de bande dessinée montre l’exemple au temple de Longquan: il répond avec sérieux à un nombre limité de questions spirituelles. «En Europe, on assiste à une décroissance alarmante du nombre d’ordinations, explique Marianne Lardon, spécialiste des pratiques religieuses. Sans une réforme en profondeur du système clérical, il se pourrait bien qu’en 2038, tous les prêtres soient remplacés par des robots.» Le scénario de science-fiction pourrait être celui de la Suisse, où les vocations ne sont pas plus nombreuses qu’ailleurs (à l’exception des gardes du Vatican). D’ailleurs, c’est NoMens, une start-up de l’EPFL, qui développe, depuis 2015, des robots ayant assimilé des concepts aussi complexes que l’empathie, la transcendance, la grâce ou la transsubstantiation.

Une pénurie cléricale

Tout le monde ne partage pas cet engouement pour les androïdes. Pour faire face à la pénurie cléricale, la Faculté de théologie de Fribourg souhaite d’abord exploiter d’autres pistes. Elle vient de publier un prospectus proposant un panel de solutions: simplification de la formation des prêtres (questionnaire à choix multiple sur Internet), organisation de messes dans des lieux insolites (parcs d’attractions ou zoos), voire ordination extraordinaire de femmes ou fin du célibat.

Le Syndicat des diacres de Suisse se dit inquiet. «Toutes les fonctions paroissiales sont menacées», s’attriste Alfred Junot, qui officie aux côtés du curé de Montana (VS) depuis trente ans. Son activité n’est maintenue que par le soutien de Parraine ton diacre, association financée en grande partie par des dons provenant des Philippines et de l’Ouganda. Pour l’heure, Alfred Junot est responsable de l’entretien des nouveaux télé-confessionnaux. Il leur reproche de ressembler aux automates des CFF. «C’est là-dessus que nous devons travailler en priorité», reconnaît une source bien placée du clergé helvétique.


Réactions, questions et contre-informations: info@collectif-ajar.com

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