Aller au contenu principal
Encore 1/5 articles gratuits à lire
«Quelques mois après ma séparation, j’ai commencé à passer des soirées arrosées alors que ce n’était pas mon truc, à aller danser comme une folle», dit Virginie.
© Dmitriy Shironosov/123RF

Psychologie

Avoir 40 ans et retomber en enfance

Perdre soudainement une vingtaine d’années, c’est ce qui arrive parfois suite à une longue relation frustrante. Après la rupture, c’est la glissade vers un comportement d’ado

«J’ai vu les dernières photos de Charlotte sur Facebook, elle a sûrement divorcé. Elle fait la noce tout le temps, elle voyage avec des copines…» Ah bon? Parce qu’il est interdit de s’amuser et de passer du temps entre potes quand on est casé? Non, évidemment. Toujours est-il que certaines personnes ressentent une envie soudaine de lâcher les chiens autour de la quarantaine, et que cette envie semble particulièrement puissante après une longue relation (dix ans étant donc déjà considérés comme longs).

«Tu fais comme les ados, mais avec un peu plus de conscience, analyse Virginie*, quadra, mère de famille et divorcée. Dans un premier temps, tu respires, puis tu ne sais plus comment meubler les moments de calme. Certaines se replient, partent en déprime, d’autres dans les excès. Quelques mois après ma séparation, j’ai commencé à passer des soirées arrosées alors que ce n’était pas mon truc, à aller danser comme une folle, à draguer des mecs de 25 ans – et ça marchait! –, mentalement j’avais 20 ans.»

Les vannes ouvertes à fond

En se remémorant cette période volcanique d’une année, durant laquelle elle a ressenti à la fois exaltation et culpabilité, Virginie parle de «s’être sentie libre», d’avoir «levé des censures». «Dans mon couple, j’avais mis des choses entre parenthèses, j’étais étouffée. Là, j’ai eu besoin de rompre mes liens.»

Pour le psychiatre et psychothérapeute Nicolas Belleux, un tel comportement n’est pas vraiment en lien avec un âge auquel on «retomberait», mais plutôt avec la psychologie de l’adolescent. «C’est-à-dire une personne insouciante, qui souvent n’en fait qu’à sa tête, qui est totalement égocentrique, ne pense qu’à faire la fête, ou à jouir de la vie sans penser aux conséquences. C’est donc plutôt ce côté ado en crise qui ressort. On ouvre les vannes à fond!»

Il y a parfois une cassure nette entre ce qu’était la personne et ce qu’elle devient. «L’entourage ne la reconnaît plus, et a l’impression qu’elle a pété un plomb.» Tout plaquer, déménager à l’autre bout du monde, partir en retraite dans le désert, faire la fermeture des boîtes de nuit (et en ressortir à quatre pattes), changer radicalement de vie professionnelle… Nombreuses sont les façons de pulvériser ces frustrations, ces situations où l’on se retrouve bloqué sans même s’en rendre compte.

Quête désespérée de légèreté

«Cela dit, le point de vue sur le fait d’être passé à côté de quelque chose est très subjectif», précise le Dr Belleux. Après une histoire de vingt ans, «coincé de chez coincé dans je ne sais même pas quoi», Philippe* a clairement eu besoin de sortir de sa zone de confort, de se confronter à ses peurs, en testant pléthore de nouvelles activités (en tous genres).

Nathalie*, elle, a joué sa rébellion en réalisant ce qu’elle n’avait jamais eu l’occasion de faire: aligner les amants, de manière frénétique. «Ça allait avec une quête désespérée de légèreté. Je me suis dépassée, j’avais l’impression de vivre des aventures incroyables! Pourtant, ça ne m’avait jamais manqué pendant que j’étais mariée. Mais cela m’a permis de réaliser que ce n’était pas dans ma vraie nature, et de flatter la femme blessée que j’étais.»

Même type de son de cloche du côté de Laure*, qui qualifie sa période post-maritale de «fête du slip», et explique qu’elle ne s’est jamais sentie aussi forte ni aussi «bonne mère». «J’avais toujours regardé ça chez des amis avec un œil critique. J’avais l’impression que c’était aux dépens des enfants. Les miens sont un point de repère. Les refiler tous les week-ends pour aller m’amuser, ce n’est pas possible!»

Le Dr Belleux ajoute que ce type de comportements temporaires s’accentue si la véritable crise d’ado n’a pas été faite correctement. A noter aussi que ces sortes de retours en adolescence peuvent se répéter si l’on retombe dans une relation frustrante. «Il faut absolument rester conscient de ses besoins, et en discuter!»

* Prénoms d’emprunt.

Publicité
Publicité

La dernière vidéo société

Au Vietnam, on se nourrit volontiers de serpents

Les Vietnamiens sont friands de serpents. On y voit l'influence de la tradition chinoise. Mais la pratique choque, y compris dans les villes du pays

Au Vietnam, on se nourrit volontiers de serpents

n/a