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Luc Mariot et Manuelle Pernoud sur le plateau de A Bon Entendeur.
© RTS/Anne KEARNEY

Télévision

ABE: 40 ans à l’écoute du consommateur

Enquête, conseils et tests: l’émission de la RTS «A Bon Entendeur» décrypte les habitudes de consommation des Romands depuis 1976

Le 19 janvier 1976, l’émission «A Bon Entendeur» (ABE) est diffusée pour la première fois sur la TSR. Un générique psychédélique et la journaliste Catherine Wahli apparaît, installée dans un fauteuil rouge, pour passer au crible le prix des réparations dans les garages. Enquête, conseils et mise en situation: le programme promet de décrypter les rouages subtils de la consommation. L’enjeu? Etre au service du consommateur en débusquant arnaques et autres pièges. Quarante ans plus tard, le rendez-vous du mardi reste un incontournable des adeptes de la lutte contre la vie chère ou, tout simplement, d’une information transparente.

Des spaghettis aux shampoings gorgés de produits chimiques, en passant par la vague des food trucks, le régime sans gluten ou encore le télémarketing: ABE scrute les grandes tendances de la consommation romandes depuis 40 ans. Au-delà de la boîte à bons plans et tuyaux, le programme s’est taillé une solide réputation avec des tests élaborés en toute indépendance et des interviews d’experts. Face à une abondance de choix, les Romands sont-ils mieux armés pour se frayer un chemin dans la jungle de la consommation? Les préoccupations d’hier sont-elles celles d’aujourd’hui?

Sujets obsolètes ou visionnaires

Dans les années 70, le client est roi. En plein boom du pouvoir d’achat, les émissions qui lui sont consacrées ont déjà fait leurs preuves dix ans plus tôt aux Etats-Unis, en Grande-Bretagne et en Belgique. En Suisse alémanique, les téléspectateurs suivent Kassensturz depuis 1974. En parcourant le sommaire des archives d’ABE, on découvre que certaines thématiques jouissent d’une étrange longévité. Ces «maudits pesticides» et le «business de Noël» sévissaient déjà à la fin des années 90. De même que les «attrape-nigauds pour maigrir sans efforts» en 1977. «Sans oublier bien sûr les caisses maladies», sourit Manuelle Pernoud, à la tête de l’émission depuis dix ans.

D’autres sujets semblent en revanche débarqués d’un autre âge. Le «Natel C», par exemple, que l’émission décrit comme «un luxe encore très encombrant». Certains se sont définitivement ancrés dans le paysage romand. En 1980, les cadeaux électroniques n’ont pas la cote: «Avec des piles, ça fait du bruit. Et c’est à peu près tout.» Les rayons en sont désormais truffés. En 1987, l’équipe d’ABE enquêtait sur la fiabilité des abris antiatomiques. Aujourd’hui, précaires et migrants y sont régulièrement hébergés.

Des tests pointus

«La clé du succès tient notamment dans la diversité des thèmes abordés, estime Manuelle Pernoud. Tout le monde y trouve son compte.» Mais les questions des téléspectateurs ont évolué. «A ses débuts, ABE se penche sur les scandales alimentaires et traque les normes d’hygiène.» Avec l’apparition du virus VIH dans les années 80, on découvre aussi les préservatifs. Dix ans plus tard, c’est l’apparition des premiers crash-tests qui pousse l’industrie automobile à offrir davantage de sécurité. La grande nouveauté du XXIe siècle?

«Les progrès de la science qui ont permis de mener des expertises toujours plus pointues», estime la présentatrice. Récemment, ABE a permis de détecter du Bisphénol dans les biberons et de l’huile de palme dans les goûters sucrés. Les marques sont-elles plus agressives aujourd’hui? «Pas vraiment, répond Manuelle Pernoud. En revanche, beaucoup jouent la carte de l’ignorance et refusent de venir débattre sur le plateau.»

Consommer en ligne

L’essor du commerce en ligne a récemment marqué un tournant. «Le consommateur est souvent perdu, mal armé, voire naïf face à des contrats opaques et des offres alléchantes sur Internet.» Aujourd’hui, la discussion rebondit sur Internet où les internautes suivent et commentent l’émission en direct sur la page Facebook de la RTS. «ABE disposera de son propre profil dès janvier, mais le véritable canal de communication d’ABE reste son site internet.» Budgétée à 105 000 francs pour 38 minutes, l’émission dure aujourd’hui 40 minutes et pourrait encore être rallongée. Le rêve de Manuelle Pernoud? Ouvrir un bureau de coaching en consommation. «La demande ne manque pas.»

40 ans, quelque deux mille émissions, et autant de titres des plus poétiques au plus cocasses. «L’odyssée de la feta» côtoie ainsi «la face grise des roses» ou encore «le hot-dog: radiographie d’une saucisse». Mention spéciale pour le guacamole, à qui ABE conseille de «prendre un avocat».

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