«Nous avons très peu de chose, vous l’avez remarqué»: l’enquêteur chargé de l’accident du vol 447 d’Air France, Alain Bouillard, ne cache pas sa perplexité. «Nous n’avons ni traces radar, ni épave, ni enregistreur de vol, ni témoignages», a-t-il résumé jeudi, en présentant son premier rapport sur le crash qui a coûté la vie à 228 personnes, le 1er juin dernier, au milieu de l’Atlantique.

Impact

Seule certitude à ce stade: l’Airbus A330 du vol Rio-Paris ne s’est pas désintégré en plein ciel à la suite du dysfonctionnement de ses sondes Pitot, qui mesurent la vitesse de l’appareil. Cette avarie a obligé les pilotes à revenir en mode manuel, à la suite du débranchement du pilote automatique. Or, à haute altitude et à près de 900 km/h, le moindre excès de vitesse peut désintégrer l’avion.

Mais l’examen des débris repêchés dans l’océan – bombés, tordus, tassés violemment – montre que «l’avion n’a pas été détruit en vol, il paraît avoir heurté la surface de l’eau en ligne de vol, avec une forte accélération verticale [et il] a touché l’eau avec le dessous du fuselage», a précisé Alain Bouil­lard. Il a donc heurté les flots entier, avec une force épouvantable.

Aucun gilet de sauvetage n’a été retrouvé gonflé. «Manifestement, les passagers n’étaient pas préparés à un amerrissage», conclut l’enquêteur.

Les communications entre l’Airbus et les contrôleurs au sol étaient exécrables, et ces derniers ont mis pas loin de six heures pour s’apercevoir que l’avion avait disparu. Les enquêteurs veulent maintenant comprendre «pourquoi il a fallu si longtemps pour qu’on s’inquiète du sort de cet avion».

Leur meilleur espoir reste de retrouver les boîtes noires. Un robot sous-marin va explorer systématiquement les abysses dans un rayon de 40 miles nautiques (environ 80 kilomètres) autour du point d’impact le plus probable. Les recherches dureront du 14 juillet au 15 août. L’objectif, selon Alain Bouillard, est de «retrouver au moins une pièce qui nous indique que nous sommes dans la bonne zone».