Pauvreté

Aide sociale: il y a plus de non-recourants que d’abus

En Suisse, comme en Europe, une grande majorité des personnes dans le besoin ne réclament pas les aides sociales auxquelles elles ont droit. Une économie pour l’Etat? Au contraire

De 40 à 80% selon les prestations. En Europe et en Suisse, les taux de non-recours à l’aide sociale de la part de personnes qui y ont droit peuvent être impressionnants. Et bien plus élevés que les abus. Tant mieux pour les finances publiques? «Non», répond Barbara Lucas, professeure à la Haute Ecole de travail social (HETS) à Genève. «Car, par manque de soutien, les personnes non recourantes voient leur état de santé s’aggraver, leur situation sociale se détériorer, ce qui entraîne de plus grandes dépenses au final pour la collectivité.»

Ces jeudi et vendredi, en lien avec un spectacle à l’affiche au Théâtre du Grütli, la Ligue suisse des droits de l’homme organise à Genève un colloque qui se penche sur la question. Intervenante, Barbara Lucas évoque la pauvreté et le tabou qui pèse encore sur les personnes dans la nécessité.