Au restaurant j’insiste en passant la commande: « pas d’ail, s.v.p. ». Mais il est difficile d’agir de même vis-à-vis de la maîtresse de maison qui vous invite sans être au courant de cette allergie. L’ail laisse aussi échapper des relents dissuasifs tant des cuisines où il est apprêté que des personnes qui l’absorbent. Alors, essayer de fuir ces personnes ou leur faire savoir poliment que vous risquez de tourner de l’œil face à leurs effluves ? Quelles règles de savoir-vivre préconisez-vous en ce qui concerne l’ail ? Georges-André

Cher Georges-André,

Ce n’est pas la première fois qu’on me pose le problème des odeurs, ou des goûts de ce (ou de ceux) que, littéralement, nous ne pouvons pas sentir. Le collègue qui sent l’ail ou la transpiration, le repas trop pimenté, salé, carné, gras, etc...

Et si on peut s’interroger sur la composante culturelle, même inconsciente, de certaines de ces incompatibilités, elles n’en sont pas moins gênantes et embarrassantes socialement. Alors, quelle attitude adopter ? Jusqu’à quelle limite doit-on supporter ce qui nous dérange ? Doit-on suivre Pascal lorsqu’il dit que «le mot de la politesse est : incommodez-vous » ?

Il y a dans votre lettre une certaine ambiguïté : on ne sait pas si votre intolérance à l’ail (heureusement que vous avez trouvé une compagne qui la partage, était-ce une condition à votre mariage ?) est d’ordre médical ou simplement de goût. Vous parlez d’allergie et de « tourner de l’œil ». Mais est-ce une façon de parler (quand on dit « Je suis allergique aux imbéciles », cela ne veut pas dire – heureusement pour notre santé - qu’on se couvre instantanément d’eczéma en leur présence), ou bien faut-il prendre cela au pied de la lettre ?

Si c’est le cas, pas d’hésitation : vous devez en informer vos hôtes avant le dîner, au moment de l’invitation. Ils préfèreront modifier leur menu que de vous voir, vous et votre femme, vous évanouir au milieu du repas. Il en va de même au restaurant, où, même dans un établissement spécialisé en cuisine provençale, il est toujours possible de choisir un plat sans ail ou de demander qu’on n’en mette pas.

Mais si c’est une simple question de goût, là, hélas, rien à faire. La règle qui dit qu’on doit manger ce qu’on vous offre sans barguigner ne souffre aucune dérogation. Bien sûr, vous pouvez laisser discrètement les gousses du gigot sur un coin de votre assiette et vous servir modérément, mais c’est la seule marge de manœuvre que vous laisse la politesse. Mangez du pain et prenez votre mal en patience.

Idem pour les effluves, aillées ou autres, que répandent certaines personnes ou certains lieux : on ne les remarque pas. Il n’y a pas de façon polie de dire à quelqu’un que vous trouvez que ça pue dans son entourage, et le savoir-vivre commande, là aussi, de « s’incommoder » stoïquement. Consolez-vous en vous rappelant que, s’il n’est pas toujours agréable au nez, l’ail est un antibiotique naturel dont on a fait longtemps usage contre la peste… et contre les vampires !

Ma femme et moi ne supportons pas l’ail, ce condiment que certains mettent littéralement à toutes les sauces. Au restaurant j’insiste en passant la commande: « pas d’ail, s.v.p. ». Mais il est difficile d’agir de même vis-à-vis de la maîtresse de maison qui vous invite sans être au courant de cette allergie. L’ail laisse aussi échapper des relents dissuasifs tant des cuisines où il est apprêté que des personnes qui l’absorbent. Alors, essayer de fuir ces personnes ou leur faire savoir poliment que vous risquez de tourner de l’œil face à leurs effluves ? Quelles règles de savoir-vivre préconisez-vous en ce qui concerne l’ail ?