La fête va si bien à Berlin: les tilleuls illuminés d'Unter den Linden, la porte de Brandebourg transformée en arche de lumière et au bout de la rue du 17-Juin, au milieu du parc du Tiergarten, la colonne de la Victoire bombardée du feu des lasers. Puis le décompte, scandé par 800 000 personnes, des dernières secondes avant minuit, comme pour déclencher l'énorme feu d'artifice qui embrasera la coupole du Reichstag. A chaque fois, depuis dix ans, au tournant de l'année, c'est la même magie, le même déferlement pacifique du feu, de la musique et de la foule bon enfant qui rend la ville si vivante. Les Berlinois prétendent que leur «Silvester Party», comme on l'appelle ici, est la plus belle. Allez savoir!

Ce qui est certain, c'est que la fête aura bien lieu cette année et qu'on y attend près d'un million de visiteurs. Longtemps les organisateurs ont craint de ne pas trouver le million d'euros indispensable auprès des sponsors. On redoutait que l'état de dépression qui a saisi la ville en juin, lorsque la dernière édition de la Love Parade a dû être abandonnée, s'étende aussi à la Saint-Sylvestre.

Il n'en sera rien. Les donateurs ont été trouvés et la ville promet même, en plus des jeux de laser et du feu d'artifice, un spectacle de lumière autour de la «Siegensäule», la colonne de la Victoire. Mais il y a longtemps que Berlin ne célèbre plus de victoires, sinon sur elle-même, par sa créativité qui en font la capitale européenne de la culture.

Comme l'an dernier, la fête s'étalera sur plus de deux kilomètres à la rue du 17-Juin: scènes musicales, DJ's, boissons et de spécialités culinaires du monde entier. Elle traversera aussi toute la nuit: Berlin est une ville où, en sautant d'une boîte à jazz à une «rave» puis à une «after», on peut danser jusqu'au milieu de la journée.