De «petits débris» d’un avion ont été trouvés dans l’Atlantique, à 650 km au nord-est de l’île brésilienne de Fernando de Norohna, parmi lesquels figure un siège, a annoncé à la presse un porte-parole brésilien.

Le porte-parole a souligné qu’on ne pouvait pas confirmer qu’il s’agissait de l’avion d’Air France tant qu’au moins «une pièce avec un numéro de série, une identification» n’aurait pas été retrouvée.

Plusieurs appareils brésiliens effectuent, conjointement avec la France et d’autres pays, dont les Etats-Unis et l’Espagne, des recherches au milieu de l’Atlantique pour tenter de repérer l’épave du vol AF 447 Rio-Paris disparu dans la nuit de dimanche à lundi.

«Pleurer profondément»

La zone du crash – située à environ 1000 km des côtes du Brésil et environ 2000 km des côtes sénégalaises – avait été délimitée grâce aux derniers messages techniques émis par l’appareil.

Par ailleurs, le pilote d’un vol commercial brésilien, de la compagnie TAM, a déclaré avoir aperçu des traces ou des lueurs orangées à la surface de l’océan, alors qu’il se trouvait dans l’espace aérien sénégalais.

Ces informations ont été jugées «cohérentes avec la dernière position connue de l’A330», selon le commandant Christophe Prazuck, porte-parole de l’armée française.

Les autorités des deux pays les plus concernés, la France et le Brésil, ont pris acte de l’impossibilité de retrouver des survivants. En de telles circonstances, on «ne peut faire rien d’autre que pleurer profondément et soutenir les familles», a déclaré le président brésilien Luiz Inacio Lula Da Silva.

La compagnie Air France, touchée par l’une des plus graves catastrophes aériennes depuis l’accident d’un Airbus A-300 d’American Airlines à New York en 2001 (265 morts), a annoncé la tenue mercredi à Paris, en la cathédrale Notre Dame, d’un office œcuménique, en hommage aux victimes.

Six Suisses sur la liste des passagers

Les 228 personnes qui se trouvaient à bord de l’avion appartenaient à 32 nationalités, dont 72 Français, 59 Brésiliens et 26 Allemands. Six Suisses figuraient également sur la liste des passagers.

Les Etats-Unis «accorderont toute l’assistance nécessaire pour trouver ce qui s’est passé», a assuré le président américain Barack Obama, dans un entretien à la chaîne de télévision française I-Télé. «Nous avons le cœur brisé de cette nouvelle même si nous ne savons pas exactement ce qui s’est passé», a dit le président américain, qui sera en visite en France samedi.

Sans accès à l’épave et aux boîtes noires de l’A330, les causes du crash restaient mystérieuses mardi. Les responsables français ont appelé à la plus grande prudence face aux premières explications avancées, notamment sur la possibilité que l’avion ait été foudroyé dans une zone dangereuse où se rencontrent des masses d’air des deux hémisphères, appelée «pot au noir».

L’Airbus avait quitté Rio dimanche à 19h00 locales (minuit heure suisse). Il devait se poser lundi à 11h10 à l’aéroport de Roissy, près de Paris.

Succession de messages techniques

Le dépouillement des données envoyées automatiquement par l’Airbus a fait apparaître une «succession d’une dizaine de messages techniques» vers 04h15 (heure suisse), signifiant que «plusieurs équipements» étaient l’objet de pannes, selon Air France.

Le ministre chargé des Transports, Jean-Louis Borloo n’a, lui, exclu «aucune hypothèse», y compris «la piste terroriste». Il a toutefois souligné qu’en l’état de l’enquête «aucun élément» n’allait dans ce sens.