«C'est une décision tragique pour l'Allemagne.» Au sein de la section allemande de l'organisation «International Fund for Animal Welfare» (IFAW), la tendance est à la consternation face à la décision de la Cour d'appel du Tribunal administratif de Hambourg. Hier, l'interdiction empêchant Airbus Industrie d'étendre son site de production pour accueillir le super jumbo A380 a été levée, après une longue bataille juridique opposant la compagnie d'aviation européenne aux écologistes allemands et à quelques riverains.

Nouveaux emplois créés

L'affaire remonte au mois de décembre 2000, lorsqu'Airbus a annoncé le lancement officiel de la production en série de son nouveau gros-porteur et la décision d'en diviser la production entre les villes de Toulouse et de Hambourg. En Allemagne, cette nouvelle a fait l'effet d'une bombe lorsque les organisations écologistes ont appris qu'une grande partie de la réserve naturelle ornithologique de Mühlenberger Loch allait devoir être asséchée. Hambourg ne dispose pas de l'infrastructure nécessaire pour faire atterrir ce super jumbo d'une longueur proche de celle d'un terrain de football. Mais la ville a tout de même tenu à accueillir une partie de la production – environ 5%, correspondant à l'aménagement intérieur de la cabine et à la pose de peinture. «L'arrivée d'Airbus est une grande chance, explique M. Rademacher, porte-parole de la mairie de Hambourg, de nouveaux emplois vont être créés et cela va apporter une aura internationale sur tout le nord de l'Allemagne.» En automne dernier, un sondage de la mairie a montré que 80% de la population accueillerait favorablement la venue d'Airbus. La ville décide donc de financer, pour un montant de 1 milliard de Deutsche mark, l'assèchement de la réserve marécageuse.

Dès lors, une coalition d'organisations écologistes menée par l'IFAW a lancé une campagne de presse internationale. L'argument principal est que le Mühlenberger Loch est un site protégé par trois conventions internationales, une onusienne et deux européennes. «Avec cette décision, l'Allemagne risque de perdre beaucoup de sa crédibilité face à la communauté internationale et à l'UE, affirme Andreas Dinkelmeyer de l'IFAW. Nous allons tout faire pour porter le cas devant la Cour européenne de justice, même si nous avons peu de chance d'aboutir.»