Qu'est-il devenu? La question prend tout son sens quand on évoque le nom d'Alain Sutter. Il y a quatre ans, le petit prince du football suisse était contraint de raccrocher les crampons suite à une blessure tenace. «Ça a été la période la plus difficile de mon existence», raconte-t-il aujourd'hui. Il aurait pu devenir aigri, maudire les dieux de lui avoir réservé une sortie indigne de son talent.

Mais le Bernois de Bümpliz n'est pas du genre à se laisser abattre. Avec l'aide de sa compagne Mélanie, il s'est reconstruit, profitant d'une liberté nouvelle pour commencer une nouvelle vie. Sans avoir pour l'heure à se soucier d'argent – ses années de footballeur

lui permettant de voir venir –, il réside en Floride l'hiver, avant de sillonner l'Europe les beaux jours revenus.

Une vie insouciante qui ne l'empêche pas de scruter l'avenir avec inquiétude, lui qui était devenu mondialement célèbre en 1995 en profitant d'un match international pour brandir le désormais célèbre «Stop it Chirac» pour protester contre les essais atomiques dans le Pacifique.