L’été sur les rails (2/4)

Dans les alpes uranaises, 1138,5 mètres de dénivelé en décapotable

Le CabriO, téléphérique à toit ouvert unique au monde, nous emmène au sommet du Stanserhorn et offre un panorama saisissant, cheveux au vent

A quoi bon prendre l’avion quand les trains suisses offrent de si spectaculaires options? Cet été, «Le Temps» vous propose des trajets méconnus ou oubliés des Romands pour pimenter votre été.

Episode précédent:

Connaissez-vous le CabriO? Non, pas celui aux jantes brillantes qui en met plein la vue dans les virages, mais celui qui mène à la découverte du sommet du mont Stanserhorn, culminant à 1898 mètres dans les alpes uranaises… Le spectacle est à déguster dans la région de Lucerne, où il vaut la peine de se rendre en train. Car l’arrivée à Nidwald offre la première récompense au voyageur: une vue prenante sur le lac de Sempach, entre Sursee et Lucerne. Comme une introduction à l’immersion qui va suivre, au cœur de paysages hypnotisants, ponctués de nombreuses étendues d’eau qui bordent le Stanserhorn. Un second train en direction de Stans nous rapproche du lac des Quatre-Cantons, berceau de légendes suisses. Ce voyage permettra-t-il d’observer la couverture lisse et turquoise dans son intégralité?

En direction du sommet

Bercés par les ballottements du wagon et les tonalités gutturales des conversations, nous montons depuis Stans dans un petit train à voiture en bois, dont l’ouverture et la lenteur nous permettent de gratifier les quelques randonneurs d’un joyeux «Grüezi». Ce funiculaire, qui circule depuis 1893, marque le début de notre progression à travers un décor verdoyant, dans la fraîcheur des paysages montagneux. Quelques minutes au cœur des prairies de Stans et nous voilà déjà devant un CabriO à la modernité contrastante.

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Une fois dedans, toutes et tous s’orientent vers les escaliers menant au toit du téléphérique. Le départ se fait les cheveux dans le vent. Le soleil profite de l’occasion pour nous saluer d’une lumière dorée et inattendue. Progressivement, le lac des Quatre-Cantons se dévoile, clin d’œil complice: vu d’ici, il forme un croissant, une demi-lune. L’altitude nous laisse ensuite percevoir une, puis deux de ses branches; les montagnes qu’il borde entretiennent le mystère en cachant jalousement ses autres ramures.

A l’arrivée, la porte du CabriO s’ouvre sur une terrasse, depuis laquelle nous pouvons observer l’impressionnante chaîne de montagnes qui entoure le Stanserhorn. L’occasion pour les curieux de retrouver le nom de chaque pic à l’aide des illustrations légendées. Mais entre les forêts, crevasses, étendues irrégulières de neige et reliefs des montagnes, la vue, époustouflante, se passe de mots.

L’appétit de la montagne

Je boude la longue queue qui se forme derrière les Schnitzels pour me diriger vers les Alplermagronen, spécialité du canton de Nidwald. Les macaronis et pommes de terre à la crème saupoudrés de fromage et généreusement couverts d’oignons grillés me font de l’œil.

Satisfaite, je termine mon repas par la traditionnelle compote de pommes qui l’accompagne, dont la douceur évoque un lointain caramel. C’est le ventre plein que j’entreprends l’ascension vers le sommet du Gipfel. Rien de très effrayant, il est atteint en six minutes de marche. De là, le panorama de roches et de lacs est saisissant. L’occasion de s’émerveiller une fois de plus face au paysage montagneux qui borde le Stanserhorn; s’en désenvoûter prendra du temps.

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