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Amandine Berger: elle a créé sa petite entreprise La Couchotèque (langes lavables).
© Guillaume Perret

Portrait

Amandine Berger, la fée écolo des bébés

Couturière de formation, la neuchâteloise Amandine Berger a créé sa petite entreprise. Elle propose des couches lavables colorées, pratiques et écolos ainsi que toutes sortes de services aux parents

Silhouette gracile et joli visage, Amandine Berger a quelque chose de la fée Mélusine. Et l’esprit espiègle de la fée Clochette. Mais si cette jeune Neuchâteloise ne confère pas de dons aux nouveau-nés, elle fait tout aussi bien. Elle leur permet de prendre un bon départ dans la vie. Etre écologique et responsable avant même de faire ses premiers pas, quelle classe!

500 ans pour se dégrader

Voici trois ans, cette mère de deux enfants – 7 ans et de 3,5 ans — a fondé la Couchothèque, un magasin et un site internet qui proposent des couches lavables aux couleurs joyeuses et aux motifs amusants, des accessoires qui permettent le portage des plus petits et toutes sortes de service autour de bébé, dont des conseils pour l’allaitement.

Il faut savoir que de sa naissance à ses trois ans, âge moyen de la propreté, un bambin utilise une tonne de couches jetables. Amandine Berger: «Si en Suisse, tout part à l’incinération, dans certains pays, comme en France, des déchets vont en décharge. Un lange met alors 500 ans à se dégrader. Si Napoléon avait eu des couches jetables, on pourrait les retrouver.»

Détente et massages

Ce mardi matin, la couchothèque, boutique à quelques pas de la gare de Peseux, est animée. C’est la «mamatinée», un rendez-vous mensuel. Les mères peuvent venir se faire masser par une professionnelle, pendant que leurs enfants sont pris en charge. Alors que Sophy, Jessy et Mae s’amusent dans le coin jouets, les mamans papotent et Amandine Berger anime l’endroit avec son énergie et sa bonne humeur, tout en offrant du thé et des gâteaux.

Sur les étagères autour d’elle, des couches – soit des culottes rembourrées – rouges, vertes, bleues, fushia, orange pâle, mais également des exemplaires tricotés ou en laine feutrée. De sa voix flûtée, elle énumère les diverses matières qui composent les langes intérieurs: coton, chanvre, viscose de bambou, microfibres.

500 francs contre 3000 francs

Outre l’argument écologique, la jeune femme met en avant les économies réalisées. «Pour trois ans, une famille qui choisi des langes jetables dépense 3000 francs, contre 500 francs pour les couches lavables. Il faut juste compter 2 machines à laver en plus par semaine.»

Des arguments, des comparaisons entre les différentes marques qu’elle vend – les changes sont fabriqués en Pologne, en Allemagne et en Ecosse –, des conseils avisés, elle en a plein ses besaces. Pourtant, rien ne destinait la Neuchâteloise à faire du popotin des tout-petits son domaine de compétences.

Une passion: le cirque

Depuis l’âge de 15 ans, elle a une passion: le cirque. Trapéziste, acrobate et clown, elle a touché à beaucoup de disciplines, et, sa maturité en poche, elle a une envie: faire du spectacle. Elle se présente dans trois écoles en France, dont celle de Roisny-sous-Bois, mais échoue.

«Je ne me suis pas donné les moyens de suivre mon rêve. Il aurait fallu que je m’exerce 7 heures pas jour.» Ne lui reste qu’à trouver une autre voie. «La seule chose que je savais, c’est que je ne voulais pas aller à l’université. Il me fallait du concret.»

Ecole d’Arts appliqués

Inspirée par deux de ses tantes couturières, dont une petite-main chez Guerlain, le «concret» se traduit par «couture». Elle se présente à l’Ecole d’Art appliqué de la Chaux-de-Fonds, elle en ressortira quatre ans plus tard, un diplôme de créatrice de vêtements en poche.

«Si on veut être styliste, il faut continuer les études, à Genève, Zurich ou au Tessin. Mais j’avais 25 ans. Il était temps que je m’assume.» Elle se met donc à son compte, à la Chaux-de-Fonds. «Avec les cadres qui travaillent dans l’industrie et l’horlogerie, il y a un pognon monstrueux. Le problème, c’est que les Chaux-de-Fonniers ont du mépris pour l’artisanat.»

Elle tient deux ans et finit par déménager dans le bas du canton où son père a un bureau de traduction. Durant deux ans, elle traduit des textes d’allemand en français et prête ponctuellement sa voix pour la publicité.

Finaliste du prix IDDEA

A la naissance de sa fille, elle décide de lancer un site de produits bio. «En cherchant de beaux tissus écolos pour mes créations, je m’étais rendu compte, qu’au niveau articles, il n’existait pas grand-chose sur le marché suisse.»

En 2012, la jeune femme est finaliste du prix IDDEA (Idées de développement durables pour les entreprises d’avenir) et bénéficie d’un coaching de 9 mois pour lancer sa petite entreprise. Son business plan effectué, elle décide de se concentrer sur son core business: les couches-culottes lavables.

Pas d’aide du canton

Pour se lancer, il lui faut de l’aide. Elle s’adresse au développement économique de son canton. «On m’a envoyé la secrétaire et une autre dame. Elles m’ont dit que si j’étais une entreprise étrangère, on aurait pu me mettre du terrain, un local et une aide financière à disposition. Mais comme j’étais Neuchâteloise…» C’est finalement sa mère et une amie de cette dernière qui lui avanceront les fonds. Le reste de l’aventure, on la connaît.

Aujourd’hui, l’affaire d’Amandine Berger tourne, mais elle attend toujours de pouvoir se verser un salaire décent. En attendant, elle a décidé de se donner les moyens de son rêve de gosse: doubler des dessins animés. Elle se présentera dans un studio de doublage de films, à Paris, à la mi-octobre. «Parfois, je me fatigue moi-même…»

www.couchotheque.com


Profil

1981: naissance le 14 mars à Neuchâtel.

2006: obtient son diplôme N’Mod à l’Ecole d’Arts appliqués de la Chaux-de-Fonds.

2009: création de son shop on line Comme une taupe et naissance de sa fille Adelaïde.

2012: finaliste du prix IDDEA à Genève, elle reçoit un coaching de 9 mois pour lancer la Couchothèque.

2013: naissance de son fils Gustave en février, ouverture de la Couchothèque en octobre.

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