Eté 2003, dans la poussière estivale de Bagdad. La capitale est tombée, Saddam Hussein est en fuite, la ville aux mains de la soldatesque américaine. «Hey guy!» lance un GI. Le ton est enjoué, presque cordial, et étrangement dissonant après les heures de négociations qu’il a fallu investir pour entrer dans le pays. Amir Khalil est vétérinaire de guerre. Il est venu de loin pour tenter de sauver ce qui reste des animaux du zoo de Bagdad. Ils étaient 650, il n’en reste que 28.

«C’était extrêmement triste. Il y avait eu des pillages. Quasiment tous les animaux avaient été volés. Ils avaient même capturé une girafe, qui s’est retrouvée dans un appartement au premier étage! Ils voulaient la vendre sur le marché», se rappelle Amir Khalil. Et puis, il y avait les lions. Neuf grands félins que le raïs gardait dans son palais. Amir Khalil les fera ramener au zoo. Il lui faudra plusieurs semaines, mais à Bagdad, il aura sauvé 40 bêtes. C’est le travail d’Amir Khalil: depuis trente ans, partout où la mort rôde, les animaux aussi sont en danger. Et lui, son job, c’est de les sauver.