Un salarié qui gagne moins de 1990 francs par mois n'est pas tenu, ainsi que son employeur, à cotiser à une caisse de pension. Car les premiers 23 880 francs de salaire annuel ne sont pas couverts par le deuxième pilier. Conséquence: à l'âge de la retraite, ce salarié ne touchera que la rente AVS, ce qui n'est pas bien lourd. Si, en plus, ce salarié travaille moins de douze heures par semaine chez le même employeur, il ne sera pas assuré obligatoirement contre les accidents non professionnels.

Une situation pénible, qui concerne de plus en plus de monde, en particulier des femmes (lire ci-dessus). Le Conseil national a d'ailleurs accepté la semaine dernière deux initiatives parlementaires visant à pallier ce manque.

«Du côté de l'offre de travail, il y a augmentation de ce genre d'emplois à mi-temps, notamment parce qu'ils sont moins chers pour l'employeur vu que les primes sont plus basses, souligne Stefan Wolter, chef du service économique de l'Office fédéral du développement économique et de l'emploi. Or il s'agit souvent de jobs pas ou peu qualifiés, occupés par des gens qui ont de la peine à avoir un travail. Si on les grève comme les autres emplois, on risque d'en freiner la croissance. On pourrait les subventionner. Mais est-ce possible, compte tenu de l'état des finances publiques?»

Certains pays, comme la France, subventionnent ces emplois afin d'aider ces personnes désavantagées à retrouver un travail, même mal payé. Le bilan est mitigé. Cela coûte cher à l'Etat pour un médiocre résultat: des employeurs encaissent ces aides pour engager des gens dont ils avaient de toute façon besoin (l'effet d'aubaine, disent les spécialistes). Pire, d'autres licencient pour réengager des «salariés subventionnés». S'y ajoute une dynamique perverse: le risque de bétonner une situation de sous-emploi en échange d'un sous-salaire. P. B.