«La vie a plus de prix qu'une victoire»: c'est par ces mots qu'une amie d'André Georges est venue féliciter l'alpiniste valaisan, lundi à Sion. Ce dernier est rentré au pays après un long voyage au Pakistan en compagnie d'une équipe belge, expédition endeuillée hélas par le décès d'un de ses participants, Jean-François Bassine.

Pourtant, victoire il y a eu. Accompagnée de 400 porteurs locaux, l'équipe de 15 grimpeurs a rejoint les sommets du Pakistan à la mi-juillet. Le 23, André Georges est parvenu au sommet du Gasherbrum II après une ascension de seize heures, passant de 5000 à 8035 mètres d'altitude. Exploit qui constitue un record dans les annales de ladite montagne. La «locomotive suisse», comme l'ont surnommé les Belges, a fait d'autres tentatives pour vaincre le G II ou le G I, mais le mauvais temps, les conditions d'enneigement et la fatigue l'ont obligé à renoncer par deux, fois tout près du but, à 7700 mètres.

Après l'Everest en 1988, le Dhaulagiri en 1996 et d'autres sommets entre deux, l'alpiniste valaisan a ainsi réussi l'ascension de son neuvième 8000. Sur les traces de Reinhold Messner ou d'Erhard Loretan, André Georges espère bien parvenir à cumuler l'ascension de quatorze 8000, et devenir le onzième membre du club très fermé des alpinistes qui y sont parvenus. En forme, apparemment peu affecté par cette expédition, il s'est montré confiant en l'avenir: «Il y a là-bas des montagnes pour deux ou trois vies. On n'arrivera pas à en faire le tour.»

Le K2, puis Broad Peak

Après quelques mois de repos auprès des siens, aux alentours de mai-juin 2002, il repartira pour gravir le K2 et le Broad Peak: «Dans trois ans au mieux, j'aurai atteint mon objectif. Dans quatre ou cinq ans au pire», conclut-il. La ténacité et la chance devraient accompagner celui que l'on a déjà donné une fois pour mort dans l'Himalaya, comme l'a rappelé un autre alpiniste – presque amateur à ses côtés –, le directeur de Provins Eric Lehmann, sponsor parmi d'autres de cet aventurier des cimes. Celui-ci constate après cette première au Pakistan: «Les Montagnards, on est un peu tous les mêmes un peu partout.»