William Wales. Pas encore Bill, mais presque. Formellement pourtant, le fils aîné de feu Lady Diana et de Charles, prince de Galles, s'appelle Sa Majesté Royale le prince William Arthur Philip Louis de Galles. Mais, à 18 ans, il tient à ressembler le plus possible aux jeunes de son âge. C'est donc sous son prénom, avec pour nom de famille le pays dont il porte le titre, qu'il s'est fait inscrire à l'Université de St. Andrews, dans le comté de Fife en Ecosse, qu'il rejoindra en octobre prochain. Hier soir, lors de sa première apparition officielle qui marquait la fin de son année sabbatique, le jeune prince a demandé que l'on renonce à lui servir du «Sir» ou à faire des courbettes devant lui.

William, donc, participait au 10e anniversaire de la Commission des plaintes de la presse, une institution mise sur pied en 1991 pour permettre à tous ceux qui sentaient leur vie privée menacée d'attaquer les médias. Cette manœuvre constituait aussi une réplique anticipée à un projet gouvernemental de loi sur la presse, dans un pays où la liberté d'expression est sacrée.

La cérémonie d'anniversaire a réuni le gratin de la presse britannique et quelques quidams invités parce qu'ils avaient déposé plainte avec succès. Mais c'est surtout la venue de plusieurs stars de la vie publique, tels la chanteuse Geri Halliwell (l'ex-Spice Girl) ou l'acteur Ewan McGregor, qui sonnait comme un remerciement pour le travail de la commission, présidée par Lord Wakeham. Cerise sur le gâteau, un trio inédit a couronné de sa présence la soirée de gala: le prince Charles, son fils aîné et sa maîtresse, Camilla Parker-Bowles. Une autre forme de remerciement, valable en particulier pour William, que la presse, à une exception près, a laissé tranquille comme promis durant son année sabbatique entre ses études à Eton et l'université en Ecosse.

Pour le beau jeune homme, le grand bain commence. En accord avec son père, il veut rompre avec le protocole qui entoure normalement les descendants de la famille royale. Déjà, à travers des photos et des reportages dûment sélectionnés, William a donné de lui une image de simplicité, de sportivité et d'humilité lors du camp de survie qu'il a suivi au Chili cet hiver. La presse restera-t-elle aussi tendre avec lui? A St. Andrews, où les demandes d'inscription ont explosé une fois la nouvelle de l'admission du prince connue, les étudiants ont été avertis du risque de renvoi qu'ils encouraient en cas de fuite ou de collaboration avec les médias. Même sans titre, William Wales risque d'exercer une attraction qu'il ne pourra contrôler.