La pintade et le coing sont des produits de pleine saison. La pintade, originaire d'Afrique, est maintenant bien acclimatée ici, mais il faut la choisir avec soin. Elle doit provenir d'un élevage sérieux, être de qualité fermière pour que sa chair ait un petit accent de gibier, car si elle est de qualité médiocre, on n'en verra pas la différence avec un malheureux poulet de batterie. Quant au coing, le seul fruit immangeable cru à moins d'avoir une denture de caïman, on le choisira à sa pleine maturité, c'est-à-dire recouvert d'un duvet rigolo dont on le débarrasse en frottant tout simplement ce phénomène entre les mains.

C'est en s'inspirant d'une recette au cidre décrite par l'émission Bon Appétit Bien Sûr, que nous allons assembler ces petites merveilles. On commencera par lever les deux blancs, sans en abîmer la peau. Et le reste de la volaille? Eh! bien, les cuisses pourront être braisées avec du chou, lequel sera encore meilleur s'il a pris un coup de gel. Et la carcasse? Elle fera un excellent bouillon que l'on pourra faire réduire et garder au congélateur pour, un soir de brouillard, y faire cuire des petites pâtes aux motifs alphabétiques, histoire de faire des concours d'écriture.

Faire dorer calmement à la poêle, dans un mélange d'huile neutre et de beurre, 3-4 mn de chaque côté en commençant par le côté peau, nos deux blancs, puis les mettre en attente au chaud, recouverts d'aluminium (le côté mat sur la viande). Peler les coings, conserver les lanières de peau, couper les coings en 8morceaux (dans le sens vertical, c'est plus joli), et hacher une échalote.

Dans la poêle où nous avons fait cuire les blancs, laissons fondre l'échalote et les lanières de peau, ajoutons 1 dl de vin blanc moelleux, laissons réduire, ajoutons 1 dl de crème et laissons réduire encore jusqu'à consistance onctueuse, gardons au chaud.

Au tour des coings! D'abord, leur administrer une dose de micro-ondes, pour amadouer leur caractère difficile. Ensuite, les faire doucement dorer à la poêle beurrée, puis déglacer avec une bonne rasade d'alcool d'autres coings et laisser réduire à sec.

Ne reste plus qu'à disposer les blancs sur un plat chaud, à les napper de la sauce, et à les flanquer des morceaux de coings. Avec ça, il est permis de déboucher un flacon de cidre brut, breton à notre goût, dont on pourra faire alterner les verres avec de petits godets d'alcool de coing, en restant d'une prudente modération afin de ne pas rouler sous la table.