Eh bien voilà, nous sommes au seuil du mois de juin, qui doit son nom au regretté Julius Brutus, l'un des fondateurs de la Republica Romana. D'autres affirment que l'origine de ce nom serait plutôt à rechercher du côté de Junon, une déesse somptueusement bustée de par là-bas, qui s'affairait autour des moissons en ces temps lointains. Bof, Zeus reconnaîtra les siens.

Et alors? Du côté du poulailler, rien à dire: les poulets ont pris un enviable embonpoint, les pigeons aussi et, quant aux canards, leur tour de hanche est irréprochable. Au jardin? Tout va bien, salades et pois, courgettes jeunettes, bébés artichauts et tiges vigoureuses d'oignons coquins sont au rendez-vous. Et le verger? Ici, les fraises Mara de Genève sont impeccables. Et c'est en oubliant la rhubarbe que nous surveillerons l'éclosion des framboises, en attendant que celles d'altitude veuillent bien montrer le petit bout de leur nez de clown.

Nous parlions, plus haut, de courgettes jeunettes. Voici comment nous venons de les mettre, crues, en salade. Soit à repérer, au marché, pour 3 mangeurs, 2 de ces bestioles mesurant, environ, 15x3cm, bien fermes de préférence. Une fois passées sous le robinet d'eau claire, puis séchées au torchon, leurs deux extrémités iront voir à la poubelle si le chroniqueur y fait la sieste. Cela fait, les détenteurs d'un zesteur leur marqueront la peau, tout au long de leur verte cuirasse, de blanches petites rigoles. Ne restera plus qu'à débiter ces cylindriques légumes en obliques rondelles d'environ 2mm d'épaisseur.

Ces rondelles, égayées d'un peu de gros sel gris, en compagnie de quelques gouttes d'un vinaigre blanc dit balsamique, et arrosées d'une petite louche d'huile de noix, iront attendre dans leur saladier, que quelques rondelles de tomates cerises viennent leur donner de la couleur.

Pas de pigeon au menu? Mais bien sûr que si! Un pour deux, ou deux pour quatre selon entente. Bref. Ces roucoulantes volailles iront dorer, lentement, dans les lourdes profondeurs d'une cocotte bien huilée et flanquées, à un petit quart d'heure de leur fin de cuisson, de quelques poignées de petits pois guillerets, d'un petit cœur amoureux de laitue pommée, d'une cosse verdoyante de ces mêmes petits pois, et d'un bel oignon tige.

Quel dessert après cela? Oh, restons calme, quelques fraises du pays, coupées en quatre, arrosées d'un sirop de sucre vanillé, sirop que quelques grains de poivre de Sarawak auront musclé.