J’ai passé quelques jours à Venise. Quand je voyage, j’ai toujours avec moi une sélection de livres sur la destination qui m’attend. Pas de guides, non: de la poésie, de la fiction, de la bande dessinée, des essais. Triksta de Nik Cohn avait accompagné mes premiers pas à La Nouvelle-Orléans. Au Mexique, c’était Malcolm Lowry pour Au-dessous du volcan, et Roberto Arlt à Buenos Aires. L’écrivain Pierre Bergounioux dit qu’écrire, c’est «exister par deux fois». Je suis d’accord avec lui. Et j’ajouterais que lire, c’est démultiplier la vie. Ouvrir un livre, c’est pénétrer des couches secrètes de l’existence qui nous sont physiquement inaccessibles – question d’époque, de géographie, de milieu social, etc.