Ils se sont mis à trois polices pour les traquer. Celles de la ville de Zurich, du canton de Zoug et de Bâle-Ville. Leur action conjointe, d'août 2002 à mars 2003, leur a permis d'arrêter dix-sept hommes, présumés utilisateurs d'un réseau de discussion («chatroom») pour homosexuels afin de rechercher des mineurs. La police a précisé mercredi que les personnes arrêtées recherchaient bel et bien des contacts physiques avec des mineurs.

Le profil des hommes arrêtés est varié: de 28 à 56 ans d'âge, quinze d'entre eux sont de nationalité suisse, plusieurs sont mariés ou pères de famille. Tous ont un travail stable. Quatre avaient déjà été condamnés pour des actes sexuels avec des mineurs. Un seul des suspects est encore en détention préventive.

Afin de confondre les suspects, les policiers ont prétendu – sur le «chat» seulement – avoir 14 ans. Ils ont toutefois renoncé à inciter à l'acte sexuel ou à formuler des avances claires. Les extraits de discussions transmis par la police à la presse ne laissent pas de doute sur les intentions des correspondants. Ils ont été arrêtés lors de rendez-vous organisés après que les hommes eurent clairement exprimé leur désir d'avoir des relations sexuelles.

C'est la dénonciation par un inconnu qui a permis à la police de découvrir un «chatroom» où l'on pouvait trouver des sollicitations pour des relations sexuelles avec des mineurs. La police a entrepris des démarches légales contre l'hôte de ce site, un fournisseur d'accès zougois.