Le Temps: Comment accueillez-vous ces résultats, qui contredisent les vôtres?

Peter Zwamborn: Positivement. C'est en fait ceux auxquels je m'attendais il y a trois ans, et qui constituaient mon assomption de départ. J'ai moi-même été très surpris par mes propres résultats.

- Faut-il dès lors considérer votre étude comme nulle?

- Pas du tout. Mes travaux, les premiers du genre, étaient exploratoires. Vus mes résultats, j'ai rejeté mon hypothèse originelle. Sur cette base, Peter Achermann et son équipe ont établi un nouveau protocole, focalisé sur un effet possible des ondes provenant des antennes UMTS. Ils ont fait un pas en avant. C'est comme cela que fonctionne la science. La validité de l'étude suisse est meilleure, mais pas définitive. Car il reste certains éléments à évaluer. Par exemple: plus les sujets semblaient percevoir la présence d'un champ électromagnétique, plus leur bien-être subjectif se dégradait. Des aspects psychologiques entreraient-ils en jeu?

- Votre étude avait induit des réactions en Suisse, dans les milieux politiques et administratifs. Qu'en pensez-vous?

- Dans ce domaine de recherches, rien n'est encore blanc ou noir. Il nous manque par exemple les mécanismes biologiques, s'ils existent, qui lieraient exposition au rayonnement et conséquences pathologiques. Les scientifiques sont dans une phase d'acquisition de connaissances. Je ne pouvais préjuger de l'utilisation qui allait être faite de mes résultats. J'avais d'ailleurs recommandé de ne pas en tirer des conclusions législatives définitives trop hâtivement.