L'activité humaine est en train de détruire 60% des bienfaits que procure l'écosystème mondial, comme l'eau douce, l'air pur et un climat relativement stable. Elle accroît aussi dangereusement les risques de ruptures brusques dans l'ordre naturel, ce qui pourrait entraîner maladies, déforestation et zones mortes dans les mers et les océans.

C'est la conclusion alarmante des scientifiques responsables du Rapport de synthèse sur l'évaluation des écosystèmes pour le millénaire, premier d'une série de travaux sur l'état des écosystèmes et leur influence sur le bien-être de l'homme. L'étude a commencé en 2001 après l'appel de Kofi Annan à tous les pays du monde pour qu'ils soutiennent les objectifs du Millénaire pour le développement (OMD). L'étude doit être remise aux gouvernements.

Le rapport prévoit que l'érosion des écosystèmes pourrait entraîner une augmentation des maladies existantes comme le paludisme et le choléra, et provoquer de nouvelles maladies émergentes. Il préconise des changements d'envergure en matière de consommation et d'éducation, des technologies nouvelles et des taxes plus élevées pour l'exploitation des ressources naturelles.

Accélération de la destruction

«L'activité humaine exerce une telle pression que la capacité de la Terre à entretenir les générations futures n'est plus assurée.» D'après les auteurs, de 10 à 30% des espèces de mammifères, d'oiseaux et d'amphibiens sont déjà menacées d'extinction. «Au cours des cinquante dernières années, l'humanité a modifié la nature plus rapidement et plus profondément qu'à aucune autre période de l'histoire, ceci pour répondre à des besoins croissants en nourriture, en eau, en bois, en fibres et en carburant.» On a ainsi mis plus de terres en culture depuis 1945 qu'au cours des XVIIIe et XIXe siècles additionnés.

Mentionnant les changements brusques dans certains écosystèmes, les auteurs citent l'effondrement de la pêche à la morue en 1992 au large de Terre-Neuve après des années de surexploitation.

Quant à la déforestation, note le rapport, elle provoque une raréfaction des pluies qui risque de conduire, dans une logique de cercle vicieux, à la disparition d'espaces verts absolument nécessaires à notre survie. Le rapport note aussi que la dégradation de la planète, en particulier sur le continent africain, fait obstacle aux objectifs définis en 2000 en vue de réduire de moitié, d'ici à 2015, la proportion de personnes vivant dans la pauvreté.

voir également sur Internet: «www.who.int/globalchange»