Les tags fleurissent sur les vitres des véhicules des Transports publics genevois (TPG). Un phénomène déjà observé en début d'année à Bâle et à Zurich. Ils sont réalisés avec un produit à base d'acide fluorhydrique. Un acide violent et fortement toxique. Au mois de juin, une dizaine de véhicules des TPG ont été endommagés par ces tags corrosifs.

L'acide utilisé attaque le verre et laisse des traces mattes et blanches sur la surface. Un contact avec ces graffitis, lorsqu'ils ne sont pas tout à fait secs, peut provoquer de graves brûlures. Et les TPG, associés à la police et au Service cantonal de protection de l'environnement ont lancé vendredi une mise en garde aux voyageurs

Ces tags-signatures sont faits d'une matière ressemblant à du Tipp-Ex. Il ne faut pas les toucher. En cas de contact avec la substance rincer impérativement à l'eau, aussi vite que possible. En cas de douleur ou de lésion consulter rapidement un médecin. Ne pas tenter d'empêcher l'action d'une personne en train de taguer, se contenter de la signaler au personnel. Telles sont les recommandations émises.

Faut-il vraiment se méfier de ces tags sur verre? Réponse de Claude Corvi, chimiste cantonal genevois: «Tout dépend de la dilution du mélange, mais pour qu'il agisse sur le verre, il doit être concentré et plus le produit est concentré, plus il est dangereux. On utilise l'acide fluorhydrique pour dépolir le verre, pour le décapage de métaux. L'absorption est très rapide et presque complète que ce soit par inhalation par la voie digestive. Il suffit d'un gramme de produit pour obtenir une toxicité sévère, quel que soit le mode d'administration.»

L'intoxication se manifeste par des brûlures, au niveau de la peau lors d'un contact, des poumons si l'on inhale des vapeurs, un risque qui concerne principalement le tagueur, ou l'estomac si le produit est ingéré. On peut imaginer qu'un enfant pourrait lécher un de ces fameux tags, existe-t-il un antidote? «Le bicarbonate de calcium, répond le chimiste cantonal. Il faut laver l'estomac à plusieurs reprises avec ce produit, en milieu hospitalier bien sûr.»