Dans nos archives, il y a un siècle

Aucune nuisance touristique en Suisse: le rêve!

«Rendre la Suisse aux Suisses»: tel pourrait être aujourd’hui le slogan de certain parti politique. Mais il y a un siècle, «pourquoi» fallait-il, «hélas! que tout cela représente tant de gêne et de misère et qu’il ait fallu tant d’horreurs et de tristesses dans le monde» pour que le pays le soit réellement, rendu aux Suisses?

Quelques «Menus propos» du Journal de Genève du 11 août 1915 répondent à la question par un flot d’exemples dus à la guerre en cours. «Pas de cris, pas de querelles. Le monsieur qui fait tomber une valise sur votre tête sans s’excuser»; la dame «apoplectique et furibonde qui s’assied sur votre chapeau et vous dit: «Monsieur, c’est ma place!»; tous ces personnages habituels ont disparu de l’horizon.» Aucun touriste: le rêve! dit cette humeur journalistique: «Tout est paix et harmonie.» Et puis le soir, surtout, «pas de valses viennoises sur la terrasse, pas d’illuminations vénitiennes», non. Rien que du bien helvétique: «La clochette d’une chèvre sur la pente et la voix sonore du torrent sous le ciel immense.»