Curieuses tendances

Qui aura le plus vilain des pulls de Noël?

Il est présent dans toutes les chaînes de prêt-à-porter, mais aussi sur les marchés et parfois choisi comme thématique de soirée. La saison du pull de Noël est de retour

Claquette-chaussette, mocassins poilus, nouvelles expressions ou étranges locutions les tendances ont parfois leur raisons que la rationalité ou que l'esthétique peinent à expliquer. «Le Temps» inaugure un nouveau rendez-vous: deux fois par mois, notre journaliste reviendra sur une tendance qui l’interpelle  

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Le mois de décembre n’est pas encore arrivé qu’il est déjà venu le temps… de se perdre dans les allées noires de monde et enguirlandées de Globus, Manor et autres temples de la consommation outrancière, le temps de voir et revoir les mêmes téléfilms de Noël programmés à la télévision, le temps de trier sa boîte mail pullulant d’offres promotionnelles liées au Black Friday, le temps de chanter à cor et à cri All I want for christmas is youuuu avec un plaisir non dissimulé. Et comme si cette longue énumération de petits plaisirs coupables n’était pas suffisante, il est aussi venu le temps d’arborer fièrement (ou pas) un magnifique moche pull de Noël.

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Pull floqué pains d’épices

Il est rouge, vert, des fois bleu, souvent agrémenté d’un renne, de sapins et parfois même de guirlandes lumineuses. Son signe distinctif: il n’est jamais discret. On en retrouve des modèles divers et variés dans toutes les boutiques de prêt-à-porter, sur les marchés, et même les clubs de sport s’y mettent. Voilà maintenant plusieurs années que la NBA commercialise ses Ugly Christmas Jumpers peu de temps avant les Fêtes. S’attifer d’un pull de Noël floqué pains d’épices des Golden State Warriors, des Lakers ou encore des Chicago Bulls devient alors possible moyennant la somme de 40 francs. Fantastique, n’est-ce pas?

En 2018, le club de football du Paris-Saint-Germain avait lui aussi commercialisé son pull de noël. Le club persiste et signe cette année avec un nouveau modèle. Ces grandes franchises n’ont pourtant rien inventé. Nos grands-parents et arrière-grands-parents les tricotaient, les offraient. Mais c’était sans aucun second degré. Les pulls en laine un peu kitsch étaient à Noël ce que la marmite en chocolat est à l’Escalade, un accessoire cohérent et nécessaire au bon déroulement des festivités.

Mais puisque la tradition doit toujours laisser place à l’innovation, on organise désormais un peu partout dans les villages ou lors de soirées d’entreprise des élections du pull de noël le plus moche. On regretterait presque ce détournement si l’imagination des participants n’était pas sans limites et n’offrait pas un florilège de propositions aussi criardes les unes que les autres.

Surenchère sarcastique

Le pull de Noël dispose aussi d’une journée internationale dédiée, le 3e vendredi du mois de décembre. En vogue depuis le début des années 2000 en Amérique du Nord et au Royaume-Uni, le fait de célébrer le caractère «moche» du pull de Noël aurait été lancé par deux étudiants canadiens qui en 2002 avaient organisé à Vancouver une «Ugly Christmas Sweater Party», apprend-on sur le site de Radio Canada.

En 2001 déjà, l’actrice américaine Renée Zellweger laissait apparaître une moue désabusée face à l’acteur anglais Colin Firth vêtu d’un pull de Noël vert d’une élégance relative, agrémenté d’un immense renne, dans le film Le Journal de Bridget Jones. Le pull de Noël n’a finalement jamais vraiment eu la cote mais, avis aux amateurs, la journée qui le célèbre aura lieu le 20 décembre prochain.

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