Un message à une amie, une recherche d’informations sur internet, un trajet géolocalisé vers une clinique d’IVG, une app de suivi du cycle menstruel. Les portables des Américaines qui pensent à avorter pourraient être utilisés comme des mines de «preuves à charge» dans les Etats où l’interruption de grossesse est, ou sera, criminalisée. La révocation de l’arrêt Roe v. Wade et ses conséquences matérialisent l’architecture et les mécanismes puissants de la surveillance de masse. Alors que les appels envers les géants de la tech retentissent pour que la récolte des données des femmes soit repensée, le sociologue du numérique genevois Sami Coll commente une situation vertigineuse.