Dans cette chronique, c’est vrai, on se moque d’eux. Mais c’est parce qu’on les aime comme personne, ces petits adultes en devenir. 

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Je suis né dans les années 1980. La génération Y. La première génération zapping, il paraît. Sauf que l’on parle du zapping des années 1980. Celui de la télécommande à piles et du Club Dorothée. Celui sans Cartoon Network, sans internet, sans YouTube ni youtubeurs, sans réseaux sociaux ni écrans à l’emporter.

Non, cette chronique ne va pas dire que c’était mieux avant. Elle va plutôt dire qu’aujourd’hui c’est comme avant. En tout cas en ce qui concerne la propension des enfants à faire des fixettes d’un temps. Ces obsessions qui, peu à peu, occupent toutes les discussions, tous les yeux, tous les jeux, tout l’espace, avant de disparaître comme elles sont arrivées.

En général, ces vagues monomaniaques arrivent par le biais du marketing et du merchandising. Grâce à son arsenal commercial, Harry Potter, que j’avais totalement ignoré depuis sa première apparition en 1997, s’est installé chez moi depuis plusieurs mois. Il squatte. Le livre, le film, le jeu, les jouets, les quiz, les t-shirts, les vidéos des «10 secrets sur tel ou tel personnage». A cause de la bande à Harry, Hermione et Dumbledore, la Reine des Neiges laisse tout le monde de glace.

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Bien sûr, théoriser sur les similitudes ou les différences entre le zapping d’hier et d’aujourd’hui, c’est faire des généralités. Il y a des enfants qui se passionnent très tôt pour les films Cars (aussi médiocres soient-ils), qui poursuivent avec les voitures télécommandées, puis la mécanique, et qui finissent par en faire leur métier. Mais ce sont des exceptions. Tous les fans de Jurassic Park n’ont pas fini paléontologues.

Je n’ai rien contre Harry Potter. Mais je ne m’attache pas parce que je sais qu’il va finir par nous quitter sans prévenir. Et j’en suis de toute façon déjà convaincu: mes enfants ne deviendront ni sorciers, ni joueurs de quidditch, ni profs à Poudlard.