Une petite note: à propos de «kern», notre saveur d’hier, un lecteur attentif, et lettré, signale que l’acception au sens d’un pierrier s’écrit plutôt «cairn». De fait, on a trouvé les deux graphies, peut-être par erreur: la seconde semble correcte. Voilà qui est dit.

«A toute la direction, vous êtes toutes de belles baltringues anti-professionnelles.» Postée sur Facebook en août 2009, cette sentence a occupé la justice française jusqu’au début 2012. Dénoncé par un collègue, son auteur, Romain Dupré, avait été licencié. S’en est suivi un long débat sur le droit, ou non, de critiquer son employeur sur les réseaux sociaux. En janvier, alors que Romain Dupré obtenait raison, Le Monde s’interrogeait: «Pourra-t-on bientôt insulter son patron sur Facebook?» Amusante question, qui illustre la place prise par ces sites dans certaines existences.

Bien sûr, on repère «baltringue». Absent des dictionnaires usuels. Il faut consulter les glossaires participatifs pour découvrir que l’on parle d’une personne peureuse, lâche, «sur laquelle on ne peut pas compter» (dixit Reverso). Le terme évolue ensuite vers «chochotte», avec les sous-entendus qu’on imagine. Serait-ce une variation depuis «bastringue», au sens d’un orchestre qui joue n’importe quoi? Le Robert cite Georges Duhamel: «Cette bastringue ataxique, essoufflée, qui, depuis tant d’années déjà, trébuche aux mêmes contretemps, qui nasille, qui larmoie, grince et piaille sur toute la face de la Terre.» Ce qui peut évoquer leur direction à certains. Dans un forum féminin, on lit cette question: «Ma copine me traite tout le temps de baltringue, même pour rigoler ça m’énerve, qu’en pensez-vous?» De quoi en causer sur Facebook.