En bas de chez moi, c’est le bout du monde. Enfin presque. Je sors et, après quelques enjambées, j’atteins la terrasse en bois et la devanture rouge carmin du Bout du Monde, un bistrot et une salle de concert bien connus à Vevey. Et même au-delà. Son équipe s’active alors que les piles de chaises somnolent encore. Réouverture le lendemain, mercredi, après trois mois d’arrêt. Pour combien de temps? Qui sait.

«On fait le pari», soupire Frédéric Vallotton – Fred, pour les intimes. Il a cofondé le lieu il y a dix-sept ans, avec une quinzaine de copains. Assis devant sa tasse de café, coudes sur les genoux, il explique qu’au vu de la situation financière plutôt précaire du bistrot, le rouvrir est surtout une manière d’assurer son rôle de lieu social. «C’est sûr qu’il y a les contraintes sanitaires et la réalité des chiffres, on va essayer de fonctionner sans perdre trop. On le fait pour des gens comme Bertrand*, par exemple.»