Tout devait se dérouler dans le plus grand secret. Un hebdomadaire londonien en a décidé autrement: «Phil Collins dépense un demi-million de livres (1,2 million de francs suisses) pour se marier avec sa demoiselle suisse», titrait la dernière livraison du Mail on Sunday. La demoiselle en question s'appelle Orianne Cevey. Elle a 27 ans et a rencontré Phil Collins en 1994. Lui était en tournée et elle était son interprète. Ils ne se sont plus quittés depuis. Le chanteur aurait demandé le divorce à sa femme Jill par fax. Puis les amoureux se sont installés à Hermance, à l'extrémité du canton de Genève. Depuis, le couple a déménagé à Begnins (VD). Vendredi soir, une limousine est venue les y chercher et les a menés au Beau-Rivage Palace pour trois jours de festivités.

Le dîner de vendredi, au bord de la piscine, était réservé aux intimes: une cinquantaine de personnes, selon le tabloïd. Dimanche, un brunch est prévu dans les jardins de l'hôtel. Mais c'est samedi soir qu'auront lieu les choses sérieuses. 320 invités environ sont attendus pour dîner. Au menu: gaspacho de langoustines et pièce de veau rôtie, entre autres délicatesses. Le gotha de la pop music anglaise défilera à Lausanne: Eric Clapton, Elton John, Mike Rutherford et Tony Banks, les deux membres du groupe Genesis que Phil Collins avait quitté en 1996, Mark Knopfler, guitariste du groupe Dire Straits, et quelques autres. Les chiens des invités pourront profiter de la vue sur le Léman: une présupposée aux quadrupèdes aurait été réservée.

Un extrait aussi conséquent du Who's Who ne pouvait pas laisser la presse people insensible. Depuis le début de la semaine, la direction du cinq étoiles est assaillie de coups de téléphone, provenant principalement d'Allemagne et d'Angleterre. Tous les tabloïds anglais contactés ont déclaré avoir envoyé des journalistes et des photographes à Lausanne. Une centaine d'entre eux devraient couvrir l'événement. Quelques-uns étaient déjà sur place vendredi. Une agence de presse télévisée, interdite d'entrée dans le palace, se contentait de filmer le dépliant de l'hôtel ouvert à la double page présentant la salle où aura lieu la réception. D'autres reporters tentaient de lier conversation avec les employés de l'hôtel, qui ont apparemment reçu la consigne de rester silencieux. Le matin, quelques plaques d'égout ont été également soulevées devant l'hôtel. On n'est jamais trop prudent: la presse anglaise est inventive.

Les quais d'Ouchy et les chemins aux alentours du palace seront accessibles à tout le monde, mais seuls les invités et les clients du Beau-Rivage pourront franchir le périmètre de sécurité. Vers 19 heures, journalistes et photographes seront menés dans une salle tenue secrète. Le couple sera à leur disposition pour 60 secondes. Pas une de plus. On priera ensuite les reporters de quitter l'établissement. Une société privée de surveillance a été mandatée pour aider ceux qui ne trouveraient plus le chemin de la sortie.

L'ex-batteur de Genesis a un sérieux contentieux avec la presse people, et sans la fuite du Mail on Sunday, il se serait bien passé d'elle pour sa troisième cérémonie de mariage. Surnommé ironiquement «Mr. Nice Guy» (approximativement «Monsieur le gentil»), celui qui a vendu 170 millions de disques environ a été une cible de choix pour les tabloïds depuis sa rencontre avec Orianne Cevey. Une partie de la presse anglaise n'a eu de cesse de présenter cette dernière comme une «Bimbo», intéressée à la seule fortune du 221e homme le plus riche d'Angleterre. «Si elle était aussi frivole qu'on le dit, cela fait longtemps qu'elle aurait quitté son travail pour faire le tour du monde. Mais elle se lève à 7 h 30, comme tout le monde», a répliqué Phil Collins. Fille d'un architecte, Orianne Cevey travaille à Nyon dans une agence de relations publiques qu'elle a créée, O-Com.

Un groupe de musique fera danser les invités. Au dessert, Phil Collins aurait promis de se mettre au clavier pour chanter «In the Air tonight», un de ses plus gros tubes et la chanson préférée d'Orianne Cevey. La jeune femme devrait alors oublier les ragots et le crépitement des flashs.