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Berlin, terre promise d’un judaïsme d’avant-garde

Dans la capitale allemande, artistes, écrivains et intellectuels juifs condamnent le régime de Benyamin Netanyahou et revendiquent une renaissance de la civilisation juive, tenant à distance le trauma de la Shoah

Peut-on parler de judaïsme sans évoquer l’holocauste? La réponse est non. Chambres à gaz, bottes noires, gestapo, crânes rasés et pyjamas rayés. Tant d’images qui se sont cristallisées dans l’inconscient collectif d’une partie du monde. «Etre juif, c’est se souvenir», disait le philosophe Elie Wiesel. Soit. Reste que, dans la galaxie culturelle du judaïsme, se situent, en marge du trou noir de l’Holocauste, des étoiles qui ne demandent qu’à briller. Et, c’est paradoxalement dans l’ancienne capitale du IIIe Reich, à Berlin, qu’elles trouveraient terre fertile.

Book clubs yiddish, musique klezmer, chants traditionnels revisités et célébrations religieuses LGBT bourgeonnent à Berlin. En mars 2020 paraîtra la série télévisée Netflix Unorthodox, partiellement jouée en yiddish et tournée dans les rues de la capitale. «La génération de nos parents a établi un discours basé sur le trauma», explique l’écrivaine Deborah Feldman, autrice de Unorthodox, le livre dont est tirée la série. «Ils s’y accrochent et veulent le perpétuer. Mais ce n’est pas un discours dans lequel nous, troisième, quatrième, voire cinquième génération pouvons évoluer.»