– Sur un bateau pour aller où?

– D’île en île.

– Et sur un pédalo, avec qui?

– Avec ma femme. Elle est très à l’aise à vélo…

– Vos premières larmes par amour?

– A la naissance de mes enfants. Mais il y en a eu beaucoup. Je suis très sensible. Les larmes montent très vite, dans les bons et dans les mauvais moments. Je ne les retiens pas.

– Votre plus belle odyssée?

– La vie de famille! Voir grandir ses enfants, ses petits-enfants, c’est la plus grande aventure qu’il peut être donné de vivre.

– Et votre pire costume de bain?

– Celui qui moule tout. Je ne supporte pas. J’aime me baigner tout nu. Mais pour cela, il vaut mieux être sur une île.

– Votre vie: un verre à moitié vide ou à moitié plein?

– Aux trois quarts plein. J’ai de la chance. Je vis de ma passion. Ma famille va bien. Je prends les choses de manière positive.

– Les douches froides?

– Cela permet de prendre du recul par rapport à une satisfaction béate. Dans mon métier, je suis toujours sur le qui-vive. Je dois vivre avec cela. Au FC Zurich ça va.

– Votre plus grand plongeon?

– Toutes les décisions en sont. Le plus grand a été de reprendre le FC Zurich. Je n’ai pas eu le temps de beaucoup réfléchir. Si je plonge, je plonge. Je ne regarde pas trop en arrière.

– Une saison en eau trouble…

– Je l’ai vécue. Dans le foot, beaucoup de choses ne sont pas très claires. La franchise n’est pas la norme. Dès qu’il y a de l’argent, on navigue à l’aveugle. Je n’aime pas l’eau trouble. Sauf quand il s’agit d’absinthe…

– Henniez bleue ou Henniez verte?

– Verte. Mais chez moi, je bois de l’eau de ma citerne. J’ai acheté une machine pour la gazéifier. Je suis sensible à l’écologie.

– Qu’est-ce qui vous fait perdre pied?

– Le malheur des miens. Récemment, un ami m’a annoncé qu’il a un cancer. Je me suis senti terriblement impuissant.

– Quel goût a l’eau bénite?

– Je ne suis pas croyant. Ce serait peut-être un avantage. Kaka, le joueur brésilien et qui est un type très bien, a la foi. Quand il rate un but facile, il se dit que c’est la volonté de Dieu. Moi, je dois assumer mes échecs.

– Etes-vous le fils de la mer?

– On l’est tous. Je suis aussi attiré par la montagne. Tous deux évoquent la puissance et la sérénité. J’étais récemment sur une île grecque. Le coucher du soleil, le vent, la mer… On prend le temps de ne rien faire. C’est trop rare.

– La seule musique qui soit plus belle que celle des vagues?

– La musique, cela dépend des moments de la vie. Celle des vagues n’est pas la plus harmonieuse, mais elle évoque les vacances, la réflexion, le calme. Je ne l’apprécierais pas autant si je vivais au bord de la mer.

– Sticks de poisson ou caviar?

– Caviar! Avec un toast, c’est délicieux. Le poisson, je ne cours pas après…

– A quoi servent les jacuzzis?

– C’est très utile pour se décontracter, pour récupérer. On peut couper complètement. Pour moi, l’eau, c’est avant tout cela.

– Quelle boisson pour accompagner votre dernier repas?

– Un rouge. Un Sassicaia.

– Tant va la cruche à l’eau…

–… qu’à la fin elle se casse! Cela ne me fait pas peur. Dans la vie, il faut prendre des risques et persévérer. Et si la cruche se casse, on recommence. En matière de football, je suis fidèle à un principe: plus un joueur est solidaire, plus il a de possibilités de se mettre en valeur individuellement. Plus il donne, plus il reçoit. Je le répète inlassablement.

Entraîneur du FC Zurich