CES DE LAS VEGAS

Bientôt la fin des rétroviseurs dans les voitures et le retour du tourne-disques

Le constructeur automobile allemand BMW fait l'économie de «rétros» sur une voiture de démonstration présentée au salon d'électronique grand public. Et, jouant sur le regain d'amour pour les vinyles, le bon vieux tourne-disque a fait son retour cette semaine

Le salon d'électronique grand public CES de Las Vegas a refermé ses portes samedi. Mais en attendant la mort du volant et des pédales promise par les voitures sans chauffeur, les rétroviseurs pourraient être les premiers à disparaître. Le constructeur automobile allemand BMW en fait l'économie sur une voiture de démonstration présentée au salon d'électronique grand public CES de Las Vegas.

Si quelque chose rappelle un peu la forme des rétroviseurs extérieurs sur les deux côtés du véhicule, la protubérance est beaucoup plus petite. Surtout, il n'y a plus de miroirs: ils sont remplacés par des mini-caméras. D'autres caméras dans le haut de la lunette arrière rendent également superflu le miroir du rétroviseur intérieur.

Plus d'angle mort

A la place, un écran combine en direct les images fournies par toutes les caméras, permettant au conducteur d'avoir à un seul endroit une vision bien meilleure de ce qui l'entoure que le système actuel. BMW assure en particulier qu'il n'y a plus aucun angle mort. Et donc plus besoin pour le conducteur de tourner la tête par précaution avant de changer de file.

L'équipementier français Valeo propose au CES, avec son système «Sightstream», une configuration légèrement différente: le rétroviseur intérieur est toujours là, mais à l'extérieur les miroirs sont aussi remplacés par des caméras.

Ce système est un peu moins déconcertant pour le conducteur, qui doit toujours porter les yeux des deux côtés pour surveiller ce qui se passe derrière. Mais il regarde un écran à l'intérieur de l'habitacle, et plus un miroir à de l'autre côté de la vitre à l'extérieur. BMW comme Valeo assurent que leurs dispositifs assurent une meilleure vision, en particulier la nuit et quand la pluie ou la buée sur la vitre empêchent aujourd'hui de bien voir à l'extérieur.

La réduction de la taille du dispositif extérieur améliore également l'aérodynamisme de la voiture, réduisant sa consommation de carburant. De tels systèmes mettront peut-être encore un peu de temps avant d'arriver sur les véhicules de série. Le constructeur américain General Motors a toutefois commencé à s'en inspirer sur sa Chevrolet Bolt électrique, qui entre en production cette année et dont il présentait la version finale cette semaine au CES.

Le rétroviseur intérieur est relié à une caméra placée à l'arrière, permettant au conducteur d'y voir l'intégralité de ce qui se passe derrière lui, sans les obstacles représentés par les têtes des passagers installés sur la banquette arrière par exemple.

Pour l'amour des vinyles

Autre tendance, qui joue sur le regain d'amour pour les vinyles: le vieux tourne-disque a fait son retour cette semaine au côté des prototypes futuristes du salon, mais avec des petits coups de jeune censés l'adapter à l'époque numérique. Après des années de domination des CD et de la musique en ligne, les ventes de disques vinyles sont «en feu», et Sony travaille dur pour répondre à la demande, a relevé à Las Vegas Mike Fasulo, un responsable du géant japonais de l'électronique, reflétant les impressions de beaucoup d'autres fabricants présents à Las Vegas.

Toute une série d'appareils combinant des aspects modernes avec une apparence vintage est notamment exposée au CES sur le stand de Victrola, une marque qui date de plus d'un siècle et a été récemment rachetée par Innovative Technology, une entreprise qui a des bureaux aux Etats-Unis et à Hongkong.

«Il y a quelque chose de rétro dans le vinyle qui inspire la nostalgie chez chacun de nous», indique à l'AFP Guillermo Moncada, qui représente Innovative sur le stand. «Nous avons grandi avec les collections de vinyles de nos parents, et notre génération les collectionne maintenant», note ce trentenaire, «nous avons une relation personnelle au vinyle, contrairement au fichier MP3» d'un titre téléchargé en ligne.

Lire aussi: Là où le vinyle s’émancipe du fétichisme (20.04.2015)

Comparé à la musique en ligne, le vinyle est tactile et interactif, on peut admirer sa couverture, lire les paroles imprimées au dos ou sur les pochettes... Le disque oblige aussi ceux qui l'écoutent à s'impliquer en le retournant. «On a une connexion avec lui en un sens. C'est quelque chose que beaucoup d'entre nous commencent à réaliser de nouveau», juge Guillermo Moncada. Beaucoup d'audiophiles apprécient aussi le son de la musique sur vinyle, malgré ses grésillements.

Le tourne-disque est aussi un produit qui se vend bien pour la société Boytone, basée à Los Angeles, qui a même un modèle avec un lecteur de cassettes, et en expose une série au CES intégrés à de petites valises. Sous leur look vintage semblant dater de plusieurs décennies, ces nouveaux modèles cachent des fonctionnalités très modernes, comme la possibilité de se connecter sans fil en Bluetooth à des enceintes ou des écouteurs, ou celle de se brancher sur un ordinateur afin de copier leur musique dans des fichiers numériques.

Conversion automatique

La fonctionnalité sans fil «permet de garder son tourne-disque et ses vinyles dans une pièce, tout en appréciant ses disques virtuellement n'importe où dans la maison», avance Chrystal Griffith, responsable marketing. Un nouveau tourne-disque dévoilé par Sony au CES est même capable de convertir automatiquement la musique analogue des disques vinyles pour la mettre à un format numérique pouvant s'écouter sur d'autres appareils.

L'appareil sert ainsi «de pont connectant le nombre croissant de collectionneurs de vinyles et le côté pratique et la qualité de son permis par la haute résolution», avance Yamoto Tanikawa, un responsable de Sony.

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