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A l'occasion de ses 50 ans, le Big Mac se décline en trois versions: le Mac Junior, le classique et le Grand Big Mac. 
© McDonald's

Société

Le Big Mac, 50 ans et toutes ses dents

Le burger le plus célèbre du monde fête ses 50 ans cette année. Témoignages autour de l’icône historique du fast-food

Trois tranches de pain brioché, 178 graines de sésame, deux steaks hachés, du fromage fondant, un peu de laitue, des cornichons et des oignons, le tout nappé d’une sauce secrète. Vous l’aurez deviné, il s’agit du fameux Big Mac de McDonald’s. Cela fait maintenant cinquante ans que le mythique sandwich a fait son apparition pour la première fois aux Etats-Unis.

A l’étage du McDonald’s de la rue de Bourg à Lausanne, Laureline et Manon attendent leur commande en se souvenant de leur premier Big Mac. Pour Manon, c’était il y a neuf ans: «Ce n’est pas le hamburger en lui-même qui m’a marquée, mais le moment où je l’ai mangé. J’étais avec des potes que je n’avais pas vus depuis longtemps, j’ai voulu tester et j’ai été conquise.» Si Laureline préfère désormais le Big Tasty, elle continue de voir le Big Mac comme «un classique». Selon les deux copines, pas de doute, le burger iconique de la marque à l’arche d’or se vendra toujours dans cinquante ans: «Il est indétrônable. C’est un peu le symbole du McDo.»

Il reste toujours au menu et ne change jamais de recette, c’est ce qui plaît aux clients.

Le Big Mac est arrivé à Genève en 1976, à l’ouverture du premier McDonald’s de Suisse. Quarante-deux ans plus tard, il s’en est vendu plus de 210 millions. Pour Francisco Cowan, qui dirige le restaurant de la rue de Bourg à Lausanne, il doit son succès à sa stabilité: «C’est un des tout premiers burgers, il reste toujours au menu et ne change jamais de recette, c’est ça qui plaît aux clients.»

Success story

Le manager l’affirme, le Big Mac se vend toujours très bien, tout comme le Grand Big Mac, une édition limitée à la taille plus imposante mais à la recette inchangée, proposée depuis quelques années. Pour ses 50 ans, McDonald’s a lancé une nouvelle déclinaison de son produit phare, en version miniature cette fois. Mais le Mac Junior, contrairement à ses grands frères, peine à convaincre les clients.

Quand, en 1967, Michael «Jim» Delligatti invente le Big Mac à Pittsburgh, en Pennsylvanie, il est pourtant loin d’imaginer que sa création se vendra par centaines de millions. A l’époque, l’entrepreneur propose le nouveau burger dans son restaurant franchisé pour 45 cents. Il ne s’appelle pas encore Big Mac mais «The Aristocrat» car il se veut luxueux. Mais cette dénomination freine les clients des classes populaires. Jim Delligatti essaie alors «Blue Ribbon Burger». Un beau jour, avant une réunion, un responsable marketing demande à la jeune secrétaire du service publicité de McDonald’s si elle n’a pas une idée pour ce nouveau burger. Esther Glickstein Rose, 21 ans, voit la photo du gros sandwich et trouve naturellement «Big Mac». La machine à cash se met en branle.

Indicateur de pouvoir d’achat

En 1968, un an seulement après son lancement, le Big Mac est au menu de tous les McDonald’s des Etats-Unis. Alors que son inventeur est décédé en novembre 2016, le sandwich devient le numéro un de McDonald’s. Le magazine The Economist a même créé l’indice Big Mac en 1986 – un classement annuel permettant de comparer le pouvoir d’achat d’un pays selon le prix du Big Mac – encore utilisé aujourd’hui. Le burger aux 509 calories s’exporte désormais dans plus de 100 pays, toujours avec la même recette, à l’exception de l’Inde où la vache est sacrée et les steaks de bœuf remplacés par du poulet. En Suisse, le Big Mac respecte l’éthique environnementale: 80% de ses ingrédients proviennent de producteurs et d’agriculteurs locaux, ce qui explique les écarts de prix (aux Etats-Unis, on le trouve pour 4,80 dollars, soit 4,43 francs, contre 6,50 francs en Suisse).

«Madeleine de Proust»

Pour certains, mordre dans un Big Mac est l’assurance de retomber en enfance. Olivier, 48 ans, entretient un lien presque affectif avec le burger. Il est l’un des premiers Suisses à y avoir goûté, le jour de l’ouverture du plus ancien McDonald’s du pays, en 1976: «J’avais un oncle un peu branché qui nous avait emmenés avec ma cousine manger notre premier hamburger rue du Mont-Blanc à Genève. Je m’en souviens comme d’une vraie fête, avec un monde fou et les personnages de la bande à Ronald dont un burger policier complètement bizarre.» A l’époque, au McDo, la carte du menu n’était pas celle d’aujourd’hui: «Il y avait juste les frites et trois burgers: le normal, le Cheese et le Big Mac, qui arrivait dans une boîte en sagex jaune que des préoccupations écologiques ont fait disparaître il y a quelques années.» Même si la carte s’est étoffée, Olivier reste fidèle au Big Mac: «C’est une madeleine de Proust, mais en version fast-food et steak haché. Il a cette capacité à faire remonter les souvenirs. Je ne pense pas être le seul dans ce cas.»

En s’exportant en Suisse, le Big Mac a su fidéliser la clientèle de la chaîne de fast-food américaine, apportant toute une mythologie avec lui. Même si la figure du clown Ronald McDonald est moins présente aujourd’hui, l’imaginaire créé autour du Big Mac continue de marquer ceux qui l’ont connu: «C’est à travers lui qu’est née la culture du burger en Suisse et, longtemps, McDonald’s avait le monopole. Les autres enseignes qui se sont ouvertes plus tard n’avaient pas cette personnification du burger, avec la bande à Ronald, explique Olivier. Le Big Mac a cristallisé l’image du burger, il est devenu iconique.»

A chacun son Big Mac

Pour les globe-trotters, le Big Mac est avant tout une valeur sûre. Chloé, étudiante et adepte de voyages, choisit toujours ce plat à l’étranger. «Les autres recettes sont adaptées en fonction du pays mais pas celle du Big Mac, on sait à quoi s’attendre, ça a un côté rassurant», explique-t-elle.

Pour Nicolas, pilote de ligne à Genève, le Big Mac est une référence. «Les saisons passent, les sandwichs changent mais lui reste. Le Big Mac-frites-coca tient les murs du McDonald’s.» Même s’il ne mange qu’occasionnellement au fast-food, il n’hésite jamais longtemps sur le choix du menu. «Quand je veux un peu d’authenticité sans faire trop de mal à mon portefeuille, boum, menu «Best Of Big Mac». D’abord parce qu’il n’est pas écœurant, et ensuite parce que je suis assez fan de la sauce!»

Cette sauce, c’est aussi le péché mignon d’Audrey. La jeune femme a tenté des dizaines de fois de la reproduire chez elle, en vain, jusqu’au jour où, en 2017, elle a découvert qu’elle pouvait l’acheter en grande surface de l’autre côté de l’Atlantique. Elle a profité d’un voyage au Canada pour en ramener plusieurs pots: «J’en ai acheté une bonne dizaine, comme ça, dès que j’ai envie d’un Big Mac, même au milieu de la nuit, je peux retrouver la saveur de mon burger préféré.»

Le chef et le burger

Même les plus grands cuisiniers se sont déjà laissé tenter. Philippe Chevrier, le chef doublement étoilé du Domaine de Châteauvieux à Satigny, en garde un souvenir intact: «Je me souviens très bien, j’avais 16 ans, je suis allé au premier McDonald’s de Suisse la semaine de l’ouverture. C’était américain, tout nouveau et assez incontournable.» Même si, depuis, Philippe Chevrier a délaissé le Big Mac pour les créations originales de son restaurant de burgers, le Denise’s Art of Burger à Genève, il salue la réussite de la chaîne de fast-food: «Tout est artisanal dans mon restaurant, je n’arriverais donc jamais à produire autant de burgers qu’eux. Ce sont les leaders dans le domaine. Chacun son registre!»

Au Denise’s Art of Burger, l’influence du Big Mac ne semble pourtant pas bien loin. Avec deux steaks, hachés au couteau, et double ration de gruyère, le Double Beef affiche un air connu, mais en plus élaboré, qui ravit tous les palais, même les plus fins. «Les modes se démodent mais les classiques marchent toujours, affirme le chef. Dans n’importe quelle cuisine, la simplicité est toujours efficace.»

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