Ne lui dites pas qu’il est drogué. Il réfute et s’agace gentiment, la voix chantante, toujours poli. «C’est une dépendance positive.» Au début, Rudy ne voulait pas témoigner. «Encore un article sur la bigorexie? C’est à la mode dans les médias», protestait-il. Il a fallu le convaincre, un peu, lui expliquer qu’on souhaitait aussi dépasser le cliché du bodybuilder. «Dans ce cas-là, avec plaisir.» Autant dire que le jeune homme tient à se démarquer de ce que l’OMS identifie depuis 2011 comme maladie, la bigorexie, soit la dépendance à l’exercice physique, qui peut se traduire par des troubles alimentaires et un isolement social.