Les patients alcooliques présentent des troubles, plus ou moins graves, de la mémoire. C'est ce que suggèrent les travaux d'Anne-Lise Pitel de l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) à Caen.

Jusqu'ici on considérait que l'alcoolisation chronique n'affectait gravement la mémoire que dans le cadre d'un syndrome amnésique sévère, dit «syndrome de Korsakoff». Les travaux de la chercheuse portaient donc sur les déficits de mémoire de ces patients. Des tests ont été menés auprès de trois groupes: des patients alcooliques Korsakoff, des patients alcooliques non Korsakoff, et un groupe témoin non alcoolique. Contre toute attente, les résultats ont montré que les patients alcooliques présentaient tous des troubles similaires de la mémoire, à différents degrés. Cela concerne la mémoire épisodique, qui permet de se remémorer des événements et de se projeter dans l'avenir, et la mémoire de travail, grâce à laquelle on peut se souvenir brièvement d'un numéro de téléphone. «Le degré d'atteinte des patients est probablement lié à une susceptibilité individuelle aux effets de l'alcool sur le cerveau, peut-être génétiquement déterminée», précise la chercheuse.